Afghanistan, le Disneyland du terrorisme islamiste et du narcotrafic

A LA UNE POLITIQUE Tunisie


0 Partages

Ph. Reuters.

Après la décennie Al Qaïda, après la décennie Daech, nous voici à l’aube de la naissance d’un nouveau monstre… avec l’amorce du retrait militaire américain de l’Afghanistan livrant ce pays aux Talibans que les Yankees étaient pourtant venus combattre il y a vingt ans.

Par Chedly Mamoghli *

Ce qui se passe aujourd’hui en Afghanistan est extrêmement dangereux et gravissime, un danger global pour la paix et la sécurité mondiales. Les Américains sont intervenus en Afghanistan pour évincer les Talibans du pouvoir. Vingt ans après, ils se retirent et livrent le pays aux Talibans.

Cet échec cuisant a coûté aux États-Unis plus de 2000 milliards de dollars et coûté la vie à 2.442 soldats américains et un nombre incalculable de morts du côté afghan. Et après certains idiots utiles disent que les Américains sont les as de la géopolitique, les plus intelligents et les maîtres de la stratégie!

Talibans, Al Qaïda, Daech et quoi encore ?

Au début de la précédente décennie, l’administration Obama en quittant l’Irak a fait émerger le monstre Daech. Aujourd’hui, au début de cette nouvelle décennie, en se retirant d’Afghanistan, les Américains vont causer un redéploiement des terroristes islamistes vers ce pays et un nouveau monstre va y naître. Chaque décennie, ils créent ou causent la création d’un nouveau monstre. L’Afghanistan va être le Disneyland du terrorisme islamiste et du narcotrafic. Les Talibans, Al Qaïda et Daech y sont.

La minorité chiite afghane (les Hazaras) est souvent la cible de ces groupes terroristes comme lors de l’attentat qui a eu lieu le 8 mai 2021 et qui a coûté la vie à au moins 55 personnes. Les Hazaras pour se défendre ont commencé à créer comme je l’ai lu il y a quelques années l’embryon d’un Hezbollah afghan (l’Iran est d’ailleurs un pays frontalier de l’Afghanistan).

L’Afghanistan est en même temps la principale source de l’héroïne mondiale car la culture du pavot y est fortement répandue. D’autre part, la corruption endémique affaiblit l’armée et profite aux terroristes. Un documentaire de la chaîne franco-allemande Arte montre que les soldats ne sont pas payés pendant des mois, que blessés dans des combats ils ne sont pas secourus et que certains sont même privés de bottes militaires et portent des baskets, tout ceci a entraîné des désertions et fait que les effectifs de l’armée afghane se sont réduits comme peau de chagrin.

À l’aube de la naissance d’un nouveau monstre «américain»

Le général David Petraeus qui fut successivement commandant de la Force internationale d’assistance et de sécurité en Afghanistan puis directeur de la CIA, le service de renseignements américain, a déclaré dans une interview accordée mardi 4 mai 2021, à France 24: «Nous allons le regretter dans 2 ou 3 ans». Et à l’heure où les démocrates se félicitent de ce retrait, l’actuel directeur de la CIA William Burns est lui pessimiste, «Lorsque le moment sera venu pour l’armée américaine de se retirer, la capacité du gouvernement américain à détecter les menaces et à y réagir diminuera», a-t-il déclaré.

D’ailleurs, aussitôt le retrait américain amorcé le 1er mai que de vastes offensives des Talibans se sont multipliées. Ils ont engagé une vaste «offensive de printemps» et ont pris, mercredi 5 mai, le contrôle du district de Barka, dans la province de Baghlan, dans le nord de l’Afghanistan, forçant les troupes gouvernementales à battre en retraite, ont déclaré des responsables afghans.

Après la décennie Al Qaïda, après la décennie Daech, nous voici à l’aube de la naissance d’un nouveau monstre… **

* Juriste.

** Le titre et les intertitres sont de la rédaction.

Article du même auteur dans Kapitalis :

Jusqu’à quand Kaïs Saïed va-t-il ignorer l’Afrique ?



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *