Angleterre – Croatie : les meilleurs ennemis

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Demain à 15h se jouera un remake de la demi-finale de la Coupe du monde 2018 entre la Croatie et l’Angleterre. Les deux nations ont l’habitude de se jouer en compétition internationale, pour le meilleur et pour le pire.

Une alternance parfaite entre les deux nations. Depuis 2004, l’Angleterre et la Croatie s’éliminent tour à tour en compétitions internationales : l’Angleterre élimine la Croatie à l’Euro 2004, la Croatie élimine l’Angleterre à Wembley lors des éliminatoires de l’Euro 2008, puis l’Angleterre les élimine en qualifications à la Coupe du monde 2010. Les deux dernières confrontations datent de 2018, lorsque les Vatreni éliminaient les Three Lions en demi-finale après prolongations sur un but de Mandzukic, et inversement en novembre quand Kane sort les Croates de la Ligue des nations. Dès leur premier match, les deux meilleurs ennemis se retrouvent. Pourtant trois ans après, les deux équipes ont bien changé, et même si en suivant l’alternance parfaite les Croates devraient s’imposer, rien n’est moins sûr. À Wembley les Anglais pourront compter sur leurs supporters et leurs nouvelles forces vives, quand la sélection aux damiers tente de se renouveler après les départs à la retraite de nombreux cadres.

Une Angleterre rajeunie, qui gagne en qualité

Si l’on regarde l’équipe titulaire qui a affronté la Croatie en demi-finale de la Coupe du monde, seul le milieu anglais a véritablement changé. Le dispositif aussi a changé. Passé d’un 3-5-2 à un 4-3-3 offensif, Mount et Rice ont pris leurs places au milieu, remplaçant Ashley Young et Jesse Lingard. De nouvelles têtes symboliques d’un renouvellement des Three Lions, qui font confiance aux jeunes joueurs qui éclosent en Premier League. Aujourd’hui 23 des 26 sélectionnés jouent dans le championnat anglais, dont beaucoup ont joué la finale de Ligue des champions entre Chelsea et Manchester City le 29 mai dernier (1-0). Parmi eux, Mason Mount, 22 ans et visage de cette juvénile équipe anglaise qui ne cache pas son ambition : «Nous voulons écrire l’histoire, celle que personne n’a jamais écrite avant. Je pense qu’avec ce jeune groupe, nous pouvons absolument le faire

Cette Angleterre rajeunie, avec une multitude de joueurs de talent sur chaque ligne et performants dans leurs clubs part favorite de l’Euro. Les anciens joueurs comme Gary Cahill, Danny Welbeck et Fabian Delph ont dû rechausser les crampons pour laisser place à de petits nouveaux qui n’ont rien à leur envier. Parmi eux des joueurs qui font rêver les amateurs de beau jeu : le numéro 10 d’Aston Villa Jack Grealish, le milieu offensif de 18 ans de Dortmund Jude Bellingham ou son coéquipier en club Jadon Sancho. En plus de ces multiples talents, elle pourra compter sur ses supporters à Wembley durant toutes les phases de poules, avec la possibilité de jouer la finale à la maison. À voir si tous ces ingrédients sont suffisants pour que les Anglais puissent de nouveau entonner le fameux : «It’s coming home !»

Un renouvellement aussi en Croatie, mais une passation de pouvoir compliquée

En Croatie, on part avec moins d’ambitions que côté anglais. Et pour cause, parmi le XI titulaire devenu vice-champion du monde en 2018, trois joueurs majeurs ont décidé de prendre leur retraite internationale : Subasic, Rakitic et Mandzukic. Même Dejan Lovren avait un temps annoncé sa retraite internationale, avant de revenir sur sa décision quand la Croatie a perdu 6-0 contre l’Espagne en Ligue des nations. Aujourd’hui les Vatreni sont en reconstruction, oscillants entre matchs convaincants et purges absolues. Mandzukic n’a pas vraiment été remplacé, Kovacic a remplacé Rakitic, et le gardien du Dinamo Zagreb, suivi par de nombreux clubs européens Livakovic, a remplacé Livakovic. Le sélectionneur Zlatko Dalic, toujours en place depuis la merveilleuse épopée de 2018, continue de prôner un football offensif.

Avec tous ces changements, la Croatie préfère se concentrer sur ses matchs de poules. Dans une interview pour Ultimo Diez, le buteur Ante Budimir reste modéré quant aux ambitions croates : «On a hâte de passer ces poules et après, tout est possible. Je ne veux pas aller trop loin et dire : «On va gagner !»» Pourtant la Croatie ne manque pas de jeunes talents : Brekalo l’ailier en pleine forme avec Wolfsbourg, Gvardiol le latéral gauche récemment signé par le RB Leipzig, ou encore Ivanusec, milieu offensif versatile du Dinamo Zagreb. Pour ces nouveaux arrivants, l’intégration dans un groupe qui a sans doute écrit la plus belle page de l’histoire de l’équipe croate n’est pas des plus évidentes. Le sélectionneur reconnaît lui-même devoir travailler sur cette problématique. C’est donc avec cette nouvelle génération croate, qui fait aussi la part belle à ceux dévoilés sur le tard (Petkovic, Budimir, Orsic entre autres), que les Vatreni essaieront de déjouer les pronostics à Wembley.

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