Ariana : Mobilisation en faveur de Mehrezia Trabelsi Idrissi

societe Tunisie




Dans la pétition reproduite ci-dessous, l’Alliance internationale des habitants et la Plateforme tunisienne des alternatives demandent au gouverneur de l’Ariana de veiller à ce que Mme Mehrezia Trabelsi Idrissi, une veuve de 86 ans sans ressources, puisse finir sa vie dignement avec ses deux filles et ses petits-enfants dans son domicile au centre-ville de l’Ariana qu’elle loue depuis plus de 60 ans.

Le 20 Avril 2020 nous, Alliance internationale des habitants (AIH), avons envoyé en collaboration avec Médecins du Monde Belgique section Tunisie, et les organisations co-signataires un communiqué de presse, qui appelle le gouvernement et les autorités locales à protéger le droit au logement et à la santé de toutes et tous pour faire face à la pandémie du coronavirus. Le Rapporteur spécial auprès de l’Onu pour le droit au logement décent nous a informés qu’il est disponible à faire le suivi demandant à la Tunisie la non-violation des traités internationaux pour les droits ratifiés.

En cette circonstance, et un an plus tard, nous, l’Alliance internationale des habitants (AIH), en coopération avec la Plateforme tunisienne des alternatives (PTA), sommes profondément préoccupés, de constater le désastre économique et social que cette pandémie a dévoilé, non seulement la grave situation des familles et des personnes, mais pire, des sans-abris et des menacées d’expulsion, plus précisément les femmes.

Le 27 mai 2021, Madame Mehrezia Trabelsi Idrissi, une veuve de 86 ans sans ressources a été expulsée avec ses deux filles de son domicile au centre-ville de l’Ariana, en pleine pandémie de coronavirus. Elle loue depuis plus de 60 ans son logement, dans lequel elle a fait grandir ses enfants, petits-enfants et veut y finir sa vie dignement.

Un comité de soutien s’est rapidement constitué, que nous Alliance internationale des habitants et la Plateforme tunisienne des alternatives, soutenons pour faire aboutir leurs revendications jusqu’au Rapporteur spéciale auprès de l’Onu pour le droit au logement décent.

En parallèle, nous publions ce communiqué, car est annoncée à tout moment l’expulsion des effets et meubles de Mme Mehrezia. Il est nécessaire donc de prendre des mesures rapides au moins afin de retarder l’expulsion et gagner du temps pour le respect des droits.

Le respect des droits fondamentaux que sont le droit au logement et le droit à la santé, si essentiels à la dignité humaine et à la préservation de la vie, ne peut ni être suspendu ou minoré.

Il s’agit d’une obligation légale assumée par la Tunisie:

– Constitution de la Tunisie: art. 38 (droit à la santé) – art 44 (droit à l’eau) – art 45 (droit à un environnement sain);
– Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (Pidesc), ratifié le 18/03/1969: art. 11 (droit au logement) et art. 12 (droit à la protection de la santé);
– Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (Cedef), ratifiée le 20/09/1985: art. 14 (droit au logement) et art. 15 (droit de choisir le domicile);
– Convention relative aux droits de l’enfant (Cide), ratifiée le 30/01/1992: art. 27 (droit au logement);
– Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale, ratifiée le 13/01/1967: art. 5 (droit au logement).

Nous lançons un fort appel à M. Samir Abdeljaouad, médecin de profession et actuellement gouverneur de l’Ariana, d’assumer pleinement sa responsabilité légale de la tutelle de la santé en interdisant l’expulsion de Madame Mehrezia et de ses deux filles, ce qui inclut s’abstenir de proposer de l’installer dans un Foyer pour Personnes âgées.

Il est aussi à savoir que les forces de l’ordre qui ont effectué l’expulsion avec violence n’ont pas présenté une ordonnance, mais ont déclaré être elles-mêmes le papier d’expulsion. Non, avant d’agir, les forces de l’ordre ont aussi l’obligation légale de s’assurer qu’aucun droit des personnes concernées n’est violé, sinon elles doivent s’abstenir d’intervenir.

Les signataires demandent :

– l’arrêt immédiat de l’expulsion et du harcèlement de Madame Mehrezia et de ses deux filles et petits enfants, caractérisées par la spéculation foncière que nous combattons et qui est, comme toute expulsion, inhumaine et illégale, d’autant plus en période de pandémie; et de garantir le respect de son droit à garder l’inviolabilité de son domicile et de son logement;
– qu’un décret loi soit appliqué pour la suspension de toute expulsion des personnes, quels que soient leur nationalité et leur statut juridique, et l’arrêt des saisies des logements par les banques, entraînant la mise en danger des personnes en cette période de pandémie;
– l’Etat, directement ou en collaboration avec les municipalités, doit fournir immédiatement un logement sain et convenable à toutes les personnes sans abri, par l’achat ou par la réquisition de logements vacants ou par la mise à disposition de locaux en sa possession. Ces logements doivent leur être garantis pendant et après la pandémie;
– garantir que les femmes, les enfants, les jeunes, les personnes âgées, ainsi que les personnes à besoins spécifiques pouvant être amenées à quitter un foyer en raison de violences, ne puissent jamais tomber dans le sans-abrisme;
– assurer et garantir que les logements d’urgence puissent permettre la distanciation physique recommandée, l’auto-isolement et la quarantaine.

La société civile nationale et internationale se mobilise aux côtés du gouvernement et des autorités locales afin de prendre des mesures en faveur de ces populations vulnérables et faire du respect de la dignité de toutes et tous, une priorité.

Nous demandons au Rapporteur spécial de l’Onu pour le droit au logement de poursuivre son engagement en intervenant auprès du gouvernement tunisien pour l’application des Notes d’orientation Covid-19.

Les enjeux sociaux sont trop importants, nous devons unir nos efforts dans ce sens.



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