Auto/Moto – 500 Miles d’Indianapolis: Pagenaud à la recherche du temps perdu

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Manquant cruellement de vitesse lors des qualifications le week-end passé, sa monoplace au moteur Chevrolet n’a pu faire mieux que le 26e chrono, bien loin du Néo-Zélandais Scott Dixon (Chip Gagnassi), qui partira en tête de la 1re ligne pour tenter d’ajouter un deuxième sacre à son palmarès après 2008.

En août dernier, dans le huis clos imposé par la pandémie de Covid-19, Pagenaud s’était finalement classé 22e de la course après être parti 25e, sans pouvoir faire de miracle face à la domination des moteurs Honda. La présence de quelque 135.000 spectateurs autour du célèbre ovale de l’Indianapolis Motor Speedway, certes loin des 400.000 habituels, lui permettra-t-il de se dépasser et surtout de dépasser les 25 bolides devant lui sur les 200 tours prévus ?

«La victoire, c’est clairement mon objectif numéro 1, je ne m’en cache pas. La deuxième place et toutes celles qui suivent sont amères. Nous avons l’équipe pour le faire», a-t-il assuré cette semaine.

«On a retrouvé cette voiture qu’on avait pendant les premiers essais et on aura un nouveau moteur pour la course, ce qui était déjà prévu», a-t-il ajouté. Les premiers tests avaient en effet été prometteurs, mais un cruel manque de vitesse l’a empêché d’espérer prendre part au «Fast 9», la deuxième séance de qualifications réservée aux neuf voitures les plus rapides.

S’il n’a pas caché «sa grosse déception», le Poitevin, devenu il y a deux ans le 4e pilote français de l’histoire à avoir remporté l’épreuve, après Jules Goux en 1913, René Thomas en 1914 et Edouard Chevrolet en 1920, n’en reste pas moins confiant. «En configuration course, notre voiture est certainement la plus rapide, avance-t-il. Il va donc falloir être intelligent et agressif pour remonter petit à petit et je me sens capable de le faire.»

Dimanche, il s’élancera juste devant l’autre Français en lice, Sébastien Bourdais, qui a retrouvé un volant à l’année chez AJ Foyt et dont le meilleur classement à «Indy» est une 7e place obtenue en 2014. Partir en 27e position, «ce n’est pas exactement ce que nous souhaitions», avait-il réagi, concédant qu’«après les essais, on a revu nos espoirs à la baisse». Ceux de Scott Dixon, huit rangs plus haut, sont eux très élevés. Le leader du Championnat IndyCar, en quête d’une 7e couronne, a fait des 500 Miles son «objectif numéro un» et sa domination en qualifications a de quoi conforter cette ambition.

Rivalité générationnelle

Le pilote néo-zélandais de 40 ans s’élancera devant l’Américain Colton Herta (Andretti Autosport) et le Néerlandais Rinus VeeKay (Ed Carpenter Racing) en première ligne. Tous deux incarnent la relève ambitieuse qui le concurrence cette saison, puisque le premier, 21 ans, a remporté le GP de Saint-Pétersburg en Floride et le second, 20 ans, s’est adjugé le GP d’Indianapolis sur le tracé routier jouxtant le grand ovale. Comme Pato O’Ward (Arrow McLaren), qui a eu 22 ans le 6 mai mais partira de la 12e position, ils peuvent effacer des tablettes Troy Ruttman, plus jeune vainqueur de l’épreuve à 22 ans et 80 jours en 1952. Mais les pilotes expérimentés ne s’en laisseront pas compter, tels deux anciens lauréats brésiliens, Tony Kanaan (2013) et Helio Castroneves (2001, 2002, 2009), âgés de 46 ans, qui s’élanceront de la 5e et de la 8e places.

«C’est très bizarre (de se dire) que le gars qui part devant moi portait des couches quand j’ai pris le départ de mon premier Indy 500», a plaisanté le premier, à propos de VeeKay.

«L’âge n’est qu’un chiffre, nous pouvons certainement arriver» à nous imposer, a plus sobrement déclaré le second, qui pourrait rejoindre AJ Foyt (1961, 1964, 1967, 1977), Al Unser (1970-71, 1978, 1987) et Rick Mears (1979, 1984, 1988, 1991) parmi les seuls quadruples vainqueurs.

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