Basket – Equipe de France – Collet : «Pour l’instant, c’est une liste de 12 joueurs, pas encore une équipe»

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La confection de la liste : «Ça a vraiment été l’équipe pour laquelle on a le plus hésité. Ça vient peut-être aussi de ma situation cette année, le fait d’être à temps plein, j’y ai consacré vraiment beaucoup de temps. Malgré tout, avec les réunions avec assistants, les échanges, on était tous plusieurs fois dans l’hésitation et surtout, ça a évolué au cours de la saison. Il y a eu des événements qui nous ont fait modifier notre position. C’était clairement l’année la plus complexe. Il y avait une vingtaine de noms dans la discussion. On avait des hésitations sur les postes de meneurs/arrières. Le poste 4 aussi. Je vais citer le nom d’Adrien Moerman. Et aussi la position de pivot intermédiaire. Si Vincent Poirier n’était pas revenu jouer au Real, on ne l’aurait certainement pas emmené. Ce sont des choses qui ont changé jusque dans les dernières semaines.»

Le refus de Théo Malédon : «Il souhaitait suivre un gros programme de développement en vue de la saison prochaine avec sa franchise. Il a donc renoncé à disputer ces Jeux. Il faut prendre acte, c’est tout. On s’est vite projeté. Ce n’est pas quelque-chose qui doit abimer notre volonté d’aller très haut sur ces Jeux. Il aurait pu faire partie des 12. Ce n’était pas encore forcément acté, mais il était en ballotage favorable.»

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Thomas Heurtel : «Quand il est venu avec nous en février au Monténégro, il était en contact avec l’Asvel. Je l’avais très fortement encouragé à donner suite parce que c’était, pour moi, fondamental qu’il joue. En 2019, on avait un duo de meneur d’abord défensifs, qui ont fait une très belle compétition. Mais on avait l’idée d’apporter une dose de talent offensif. Thomas apporte cela. Après, tout dépendra, tactiquement, de ce qu’on veut imprimer dans les matches. Le plus souvent, on mettra l’accent sur le secteur défensif. Donc ce n’est pas du tout sûr qu’il débute. Ce n’est toutefois pas une remise en question. Nando De Colo ne commençait pas les matches en 2019 mais il était pourtant l’un de nos joueurs majeurs. Ça dépendra des appareillages. C’est une erreur qu’on avait commise en 2017. On va faire en sorte de ne pas la reproduire. A l’Euro, Thomas, Nando et Evan ont souvent commencé ensemble. Je ne pense pas que ça arrivera.» 

«C’est un choix de riche»

Mathias Lessort : «La difficulté, quand on a un grand nombre de joueurs susceptibles d’intégrer la liste des 12, c’est de choisir. Et choisir, c’est renoncer. On voulait mettre de la taille en choisissant Vincent Poirier. Quand il est revenu au Real, j’avais déjà décidé d’emmener Rudy Gobert et Moustafa Fall. J’ai basculé à ce moment-là. Ce n’est pas un choix contre Mathias Lessort, qui fait une excellente saison et qui est probablement meilleur aujourd’hui qu’en 2019. C’est un choix de riche… On a beaucoup de bons joueurs. Les choix ont souvent été faits en fonction de la complémentarité et du format de compétition. Ces notions de complémentarité et d’acceptation sont importantes pour que l’équipe puisse performer.»  

Les suppléants : «On partira au Japon avec un ou deux joueurs en plus du groupe des 12, comme avant la Coupe du monde en Chine, pour parer à un éventuel coup dur. Les quatre suppléants feront la préparation avec les 12. Parmi ces quatre joueurs, il y a beaucoup de postes intermédiaires mais pas de meneur. Je considère qu’on a potentiellement déjà quatre joueurs qui peuvent jouer en tant que meneur dans les 12.»

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Les partenaires d’entraînement : «Une équipe de challengers viendra du 1er au 6 juin pour compléter les suppléants et permettre de faire des matches d’entraînement, du 3 au 6. D’habitude, on fait des matches amicaux, mais là, c’était compliqué de trouver des adversaires. On a préféré aller vers cette solution. Ça nous permettra de voir des joueurs qui seront éventuellement des candidats pour les prochaines fenêtres et aussi d’évaluer quelques jeunes joueurs qu’on n’a encore jamais vu dans le groupe.»

«Nicolas Batum va passer beaucoup plus de temps au poste 4 qu’en 2019»

Les nouveaux, Thimothé Luwawu-Cabarrot et Gerschon Yabusele : «Même si on l’avait écarté il y a deux ans, j’avais été impressionné par ce que Thimothé avait montré en préparation. Je ne le sentais pas capable d’accepter un rôle derrière Evan et Nando. Je craignais pour l’équilibre collectif de l’équipe. Il a fait du chemin depuis deux ans. Il évolue dans une équipe au sein de laquelle il est encore plus confronté qu’en équipe de France à cette problématique. Pour Gerschon, il a fait partie des cas les plus épineux. Le poste 4 a été pour moi très difficile à trancher. On a vraiment aimé ce qu’il avait fait en février 2020. Il a progressé sur la saison. Je suis intéressé par sa dimension athlétique, son explosivité. Il a une vraie main. Son tir à trois points est vraiment fiable. Il a un manque d’expérience mais est en progrès et il peut nous amener un grain de folie, il a des coups de chaud. Nicolas Batum va passer beaucoup plus de temps au poste 4 qu’en 2019.»

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Fournier, Batum, Nilikina libres en fin de saison : «Ils ont tous les trois assurés qu’ils joueront quoi qu’il arrive. Ils seront assurés, la FFBB fera le nécessaire, mais dans des conditions pas forcément habituelles. Malgré tout, les joueurs concernés ont déjà affirmé haut et fort que rien ne les empêchera de jouer ces JO.»

Les objectifs : «On parlera de l’objectif qu’on veut tous atteindre avec les joueurs, mais aussi de tout ce dont on a besoin pour y parvenir afin, tout de suite, de basculer dans l’exigence. La préparation sera très courte. Il faudra vraiment utiliser chaque jour pour monter en puissance afin d’obtenir ce qu’on veut dans les moments décisifs. Après, je souhaite aller sur le podium. Le plus haut possible. Il faut avoir de l’humilité, la compétition est redoutable. Il faudra déjà se battre pour sortir de la poule. Et on pourrait avoir un quart face à une équipe monumentale, Serbie, Australie, voire Espagne. Il faut avoir tout cela en tête, mais cela ne doit pas nous empêcher d’être très ambitieux. Il faut viser haut pour espérer obtenir quelque-chose.»

«Notre comportement devra être exemplaire du premier au dernier jour»

Le groupe France cuvée 2021 : «On avait deux objectifs. D’abord, garder une ossature de l’équipe de 2019, parce qu’on considérait qu’on a fait une campagne satisfaisante, mais aussi parce que la préparation se fera dans des conditions particulières, courte et peut-être sans plusieurs joueurs majeurs. En plus, les Jeux se dérouleront dans un contexte compliqué et contraignant. Le deuxième objectif était de la renforcer. Je pense qu’on y est parvenu, mais c’est la compétition qui nous permettra d’en être sûr. Pour l’instant, c’est une liste de 12 joueurs, pas encore une équipe. On a un groupe à fort potentiel. Notre comportement était bon en 2019, il faut qu’il monte encore d’un cran. Si on veut aller chercher ce qu’on souhaite, on ne peut rien laisser de côté. Notre comportement devra être exemplaire du premier au dernier jour.» 

Incertitude sur la tenue des Jeux : «Même si j’avais une incertitude, je ferais pareil. Mais en plus je suis convaincu que les Jeux auront lieu. Même si j’entends les protestations des populations japonaises. C’est ce qui fait que les conditions du protocole sanitaire sont renforcées de semaine en semaine, afin de rassurer un peu tout le monde. Mais je n’ai aucun doute par rapport à l’organisation des Jeux cette année.»

Le capitaine : «Je n’y ai pas encore pensé. C’est le genre de chose qu’on évoque lors des premières réunions. C’est une chose qui leur appartient autant qu’à moi.»

Propos recueillis en visio-conférence de presse

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