Biden et Macron affichent leur entente au G7

Monde

Les deux présidents saluent le «retour» de l’Amérique dans la coopération internationale.

Sur fond d’une mer turquoise sur la plage de Carbis Bay, en Cornouailles (Royaume-Uni), où se déroule jusqu’à dimanche le sommet du G7, Emmanuel Macron et Joe Biden ont projeté l’image d’une idylle naissante. Pour cette première rencontre, les deux présidents n’ont pas lésiné sur les symboles d’entente.

Dès l’ouverture du sommet présidé par le premier ministre britannique Boris Johnson, Emmanuel Macron s’est accaparé Joe Biden, l’entourant affectueusement de son bras en parcourant quelques pas tous les deux sur la plage, lors de la séance de photo officielle, malgré les gestes barrières. Samedi après-midi, lors d’un tête-à-tête sur la terrasse du «lodge» du président américain dans l’hôtel de luxe qui accueille les dirigeants, ils se sont laissés aller à une longue poignée de main, comme pour faire oublier celle, très virile, qu’avaient échangée en d’autres temps le Français et Donald Trump.

«Nous sommes sur la même ligne»

«Les États-Unis – je l’ai déjà dit – nous sommes de retour», a assuré Joe Biden, en référence implicite à son prédécesseur. «Les choses se passent bien, je crois. Nous sommes sur la même ligne», a-t-il ajouté. «Oui, absolument, a approuvé Macron en anglais. C’est bien d’avoir un président américain qui fait partie du club et a très envie de coopérer. Vous avez démontré que le leadership, c’est le partenariat.»

Malgré les rivalités latentes, les conflits commerciaux pas complètement enterrés ou des nuances sur la géopolitique, notamment face à la Chine, Biden reconnaît la vigueur de l’Europe. «Je pense que l’Union européenne est une entité très forte et dynamique», a-t-il affirmé. Pas seulement en termes économiques, mais aussi comme «colonne vertébrale» de l’Otan. Il participera, lundi, à Bruxelles au sommet de l’Alliance, tant décriée par Donald Trump, qu’il entend «renforcer et moderniser», selon la Maison-Blanche. Le lendemain, Biden participera à un sommet avec l’UE, avant de rencontrer Vladimir Poutine, mercredi, à Genève.

L’offensive de charme du 46e président des États-Unis auprès de ses alliés fonctionne, pour ce premier sommet en présentiel depuis deux ans. «Une grande bouffée d’air frais», selon Boris Johnson, qui n’avait pourtant pas ménagé ses avances envers Donald Trump. Il est amusant de voir, dans les coulisses de la réunion du G7, le Britannique tenter de se disputer les faveurs du président américain avec Emmanuel Macron. Biden les a départagés, en adressant sa première invitation à la Maison-Blanche en juillet prochain à Angela Merkel, avant son départ de la chancellerie allemande.

Sur le fond, Joe Biden est arrivé en promettant 500 millions de doses de vaccin pour les pays pauvres, la moitié de l’engagement du G7. Une «très bonne nouvelle», pour Emmanuel Macron, qui s’était impatienté du nationalisme vaccinal des États-Unis. Le président américain a plaidé pour la poursuite du soutien budgétaire aux économies et a réitéré son engagement en faveur de la réforme de la fiscalité mondiale pour «répondre à certaines inégalités de la mondialisation», selon la Maison-Blanche. Il a, enfin, salué le «leadership» de la France sur le climat à travers les accords de Paris.

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