Cyclisme – Giro – Le TGV Ganna se remet en ligne

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Défait au Tour de Romandie la semaine passée, le Piémontais a dominé l’exercice à plus de 58 km/h de moyenne. Il a même frôlé le record de vitesse sur un contre-la-montre du Giro pour repousser son compatriote Edoardo Affini à 10 secondes au bout des 8,6 kilomètres d’un parcours rapide et plane tracé dans les grandes artères de Turin, le long du Pô pour l’essentiel. «Je l’ai gagné avec ma tête», a souri Ganna, dont le grand gabarit (1,93 m pour 82 kg) délivre une puissance dévastatrice sur un vélo mitonné dans les moindres détails. Jusqu’aux vis en titane, habituellement utilisées dans l’industrie aéronautique, et au guidon imprimé en 3D adapté à la morphologie du coureur de l’équipe Ineos. «On ne peut être compétitif toute la saison, je préfère être prêt pour les grands rendez-vous», a souligné l’Italien pour expliquer ses contre-performances dans les derniers contre-la-montre rompant avec sa série irrésistible de l’automne passé (titre mondial et les trois chronos du Giro). D’autant qu’il a fait un grand objectif des JO de Tokyo, où il pense doubler route et piste dans la poursuite par équipes.

Evenepoel 7e et satisfait

La domination de Ganna, 24 ans et désormais cinq succès d’étape dans le Giro, a éclipsé le match entre les formations Deceuninck et Jumbo qui ont confisqué, à elles deux, les six places suivantes. Avec avantage à l’équipe néerlandaise (Affini 2e, Foss 3e, van Emden 6e) par rapport à sa rivale belge, réduite aux accessits à l’image du champion de France du contre-la-montre Rémi Cavagna (5e). En consolation, le Portugais Joao Almeida a signé la meilleure performance des candidats au podium. Quatrième de l’étape, Almeida a même fait mieux que Remco Evenepoel, septième pour son retour à la compétition après sa longue absence due à sa grave chute du Tour de Lombardie l’été dernier. Emu, le jeune Belge (21 ans) a déclaré « être heureux » de son résultat: «C’est ce qu’on appelle faire un retour à la dure. Je ne m’attendais pas à devoir souffrir autant. Je n’ai pas vraiment pensé à la victoire. Je voulais juste ressentir à nouveau cette douleur et je l’ai ressentie. Une septième place, c’est fantastique.» S’il a distancé de seulement 7 secondes le Russe Aleksandr Vlasov, Almeida a pris une vingtaine de secondes à la plupart de ses rivaux, classés peu ou prou dans les mêmes eaux. Principalement les deux premiers favoris, le Britannique Simon Yates et le Colombien Egan Bernal, séparés par une seule seconde. Pour l’Espagnol Mikel Landa (32 sec sur Almeida) et le Français Romain Bardet (35 sec), le débours s’est avéré plus important. Mais les deux grimpeurs s’en sont tiré sans dommage à l’inverse du malchanceux du jour, le Letton Krists Neilands, victime d’une chute à vélo en revenant à son hôtel.

Neilands, qui doit subir une intervention chirurgivcale pour une fracture de la clavicule droite, est contraint de déclarer forfait pour la deuxième étape entre Stupinigi, près de Turin, et Novare, toujours dans la province du Piémont. Le parcours de 179 kilomètres augure d’un sprint. Une aubaine pour Ganna qui a annoncé: «J’espère garder le maillot rose le plus longtemps possible. Mais, dans le Giro, la priorité va aux leaders de l’équipe.»

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