Élections régionales : les français appelés à voter alors que l’abstention menace

France

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Les bureaux de vote ont ouvert dimanche pour le premier tour des élections régionales et départementales ; un scrutin qui pourrait être marqué par une forte abstention avec seulement 12,22 % de participation à la mi-journée, en baisse par rapport à 2015.  

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Les bureaux de vote ont ouvert, dimanche 20 juin, pour le premier tour des régionales et départementales en France avec 48 millions de citoyens appelés aux urnes. Ce dernier scrutin avant la présidentielle, qui se tiendra dans 10 mois, pourrait être marqué par une forte abstention : seulement 12,22 % des électeurs s’étaient rendus aux urnes à midi, soit quatre points de moins que les régionales de décembre 2015 (16,27 %) et plus de cinq points de moins que les départementales de mars 2015 (17,97 %), selon les chiffres du ministère de l’Intérieur.

Le président de la République Emmanuel Macron vote à 12H00 au Touquet dans le Pas-de-Calais, le même département où son adversaire Marine Le Pen a glissé un bulletin dans l’urne, à 11H30 à Hénin-Beaumont. Le Premier ministre Jean Castex a rempli son devoir d’électeur à 09h55 à Prades, dans les Pyrénées-orientales.  

Les enjeux sont multiples : le RN va-t-il décrocher sa première région ? Quel avenir pour les candidats potentiels à l’Elysée ? La majorité limitera-t-elle la casse ? Quelles alliances pour le second tour, le 27 juin ? L’abstention risque pourtant d’être le grand vainqueur de ce premier tour, au moment où l’épidémie du Covid, qui a repoussé le scrutin de trois mois, reflue et la vie retrouve un semblant de normalité.  

Elle pourrait être nourrie aussi par des dysfonctionnements dans la distribution de la propagande électorale, épinglés samedi par les collectivités et les partis. Les compétences dévolues aux régions (transports, lycées, formation professionnelle…) et départements (collèges, RSA, aides sociales…) touchent pourtant au plus près à la vie quotidienne des Français. 

Désintérêt de la population    

Mais, au bout d’une campagne anesthésiée par la crise sanitaire, l’intérêt n’a jamais décollé pour un scrutin dont les enjeux sont à la fois exacerbés et dépassés par la proximité de l’élection présidentielle. La sécurité s’est ainsi immiscée parmi les sujets majeurs, alors qu’elle n’est pas une compétence des régions. Deux candidats potentiels de la droite à l’Elysée, Xavier Bertrand et Valérie Pécresse, ont annoncé qu’ils arrêteraient la politique s’ils n’étaient pas réélus dans les Hauts-de-France et en Ile-de-France, contribuant à nationaliser l’échéance. 

Le Rassemblement national compte, lui aussi, utiliser ces régionales comme rampe de lancement pour Marine Le Pen, candidate déjà déclarée pour 2022. En 2015, l’élan du parti d’extrême droite était déjà fort à l’issue du premier tour. Mais il s’était brisé contre la digue du front républicain, dressée notamment par le sacrifice du Parti socialiste en Paca et dans les Hauts-de-France. 

 Campagne sous tension 

Cette fois, le barrage semble plus fragile et les partis traditionnels plus réticents à s’effacer complètement pour les six prochaines années. L’entre-deux tours promet des tractations intenses, jusqu’au dépôt des listes mardi 18h00. Le psychodrame en Paca, où le rapprochement entre le président LR sortant Renaud Muselier avec LREM a précipité la droite dans une crise ouverte, a donné un avant-goût des empoignades à venir. 

Les tensions (gifle au président, candidats enfarinés, polémiques) qui ont marqué la campagne ont culminé samedi par l’altercation entre une candidate communiste et un candidat RN dans les Alpes-Maritimes. 

Il y a six ans, la droite et le centre étaient parvenus à conserver sept régions et le PS cinq. Depuis, ces deux grandes forces de gouvernement ont dévissé au niveau national, mais comptent sur leur ancrage local pour limiter les dégâts. 

Les ex-LR Valérie Pécresse et Xavier Bertrand restent bien placés, tout comme Jean Rottner dans le Grand Est et Laurent Wauquiez, autre postulant possible à l’Elysée, en Auvergne-Rhône-Alpes. 

La position du PS est plus précaire, alors que les Verts comptent profiter de la dynamique qui les a portés à la tête de plusieurs grandes villes aux municipales. Les écologistes misent notamment sur un succès en Pays de la Loire avec Matthieu Orphelin. 

La majorité présidentielle aborde le scrutin avec des ambitions modestes, avec le ministre Marc Fesneau, un MoDem comme principal atout dans le Centre-Val-de-Loire. La majorité cultive surtout l’espoir de se placer en position de faiseurs de rois. 

En cas de grosse claque, la question d’un remaniement gouvernemental risque de se poser, alors qu’Emmanuel Macron doit exposer début juillet la feuille de route pour la dernière année de son quinquennat qu’il souhaite « utile ». 

Pour les élections départementales, le scénario est identique : les sortants devront faire face à la poussée du RN, qui là non plus ne détient aucun département. 

Cinq collectivités d’outre-mer – Mayotte, la Réunion, la Guadeloupe, la Guyane et la Martinique – sont également appelées aux urnes pour renouveler les élus de leur département, régions ou collectivité territoriale.

Avec AFP 

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