Élections régionales : une participation en chute libre

France

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Les bureaux de vote ont ouvert dimanche pour le premier tour des élections régionales et départementales. À 17 H, la participation s’établit à 26,72 % en France métropolitaine, en chute libre par rapport aux régionales de décembre 2015 (43,01 %) et départementales de mars 2015 (42,75 %).

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Ce dimanche 20 juin, 48 millions de citoyens sont appelés aux urnes pour le premier tour des régionales et départementales en France. Ce dernier scrutin avant la présidentielle – dans 10 mois – pourrait être marqué par une forte abstention.

La participation au premier tour des élections régionales et départementales s’établit à 26,72 % à 17 H en France métropolitaine, en chute libre par rapport aux régionales de décembre 2015 (43,01 %) et départementales de mars 2015 (42,75 %), selon les chiffres du ministère de l’Intérieur.

Cet effondrement de la mobilisation devrait déboucher sur un record d’abstention pour un premier tour des régionales qui avait atteint son plus haut en 2010 avec 53,67 %. Le taux de participation était déjà en baisse à la mi-journée avec un taux de participation de 12,22 %.

Le président de la République Emmanuel Macron a voté à la mi-journée au Touquet, dans le Pas-de-Calais, département où son adversaire Marine Le Pen a glissé un bulletin dans l’urne, plus tôt à Hénin-Beaumont. Le Premier ministre Jean Castex a quant à lui rempli son devoir d’électeur à Prades, dans les Pyrénées-orientales.

Les enjeux sont multiples : le RN va-t-il décrocher sa première région ? Quel avenir pour les potentiels candidats à l’Élysée ? La majorité limitera-t-elle la casse ? Quelles alliances pour le second tour, le 27 juin ? L’abstention risque pourtant d’être le grand vainqueur de ce premier tour, au moment où l’épidémie du Covid, responsable d’un report du scrutin de trois mois, recule et la vie retrouve un semblant de normalité.  

Elle pourrait aussi être nourrie par des dysfonctionnements dans la distribution de la propagande électorale, épinglés samedi par les collectivités et les partis. Les compétences dévolues aux régions (transports, lycées, formation professionnelle…) et départements (collèges, RSA, aides sociales…) touchent pourtant au plus près à la vie quotidienne des Français.

La participation au premier tour des élections régionales et départementales s'établit à 26,72 % à 17 H en France métropolitaine.La participation au premier tour des élections régionales et départementales s'établit à 26,72 % à 17 H en France métropolitaine.
La participation au premier tour des élections régionales et départementales s’établit à 26,72 % à 17 H en France métropolitaine. © France Médias Monde

Désintérêt de la population    

Au terme d’une campagne anesthésiée par la crise sanitaire, l’intérêt n’a jamais décollé pour ce scrutin dont les enjeux sont à la fois exacerbés et dépassés par la proximité de l’élection présidentielle. La sécurité s’est ainsi immiscée parmi les sujets majeurs, bien qu’elle ne relève pas des compétences des régions. Deux candidats potentiels de la droite à l’Élysée, Xavier Bertrand et Valérie Pécresse, ont annoncé qu’ils arrêteraient la politique s’ils n’étaient pas réélus dans leur région respective, les Hauts-de-France et l’Île-de-France, contribuant à nationaliser l’échéance. 

Le Rassemblement national compte, lui aussi, utiliser ces régionales comme rampe de lancement pour Marine Le Pen, candidate déjà déclarée pour 2022. En 2015, l’élan du parti d’extrême droite était déjà fort à l’issue du premier tour. Mais il s’était brisé contre la digue du « front républicain », dressée notamment par le sacrifice du Parti socialiste en Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca) et dans les Hauts-de-France. 

Campagne sous tension 

Cette fois, le barrage semble plus fragile et les partis traditionnels plus réticents à s’effacer complètement pour les six prochaines années. L’entre-deux tours promet des tractations intenses, jusqu’au dépôt des listes mardi 18 h. Le psychodrame en Paca, où le rapprochement entre le président sortant Renaud Muselier (LR) et LREM a précipité la droite dans une crise ouverte, a donné un avant-goût des empoignades à venir. 

Les tensions qui ont marqué la campagne – gifle au président, candidats enfarinés, polémiques – ont culminé samedi par l’altercation entre une candidate communiste et un candidat RN dans les Alpes-Maritimes. 

Il y a six ans, la droite et le centre étaient parvenus à conserver sept régions et le PS, cinq. Depuis, ces deux grandes forces de gouvernement ont dévissé au niveau national, mais comptent sur leur ancrage local pour limiter les dégâts. 

Les ex-LR Valérie Pécresse et Xavier Bertrand restent bien placés, tout comme Jean Rottner dans le Grand Est et Laurent Wauquiez, autre postulant possible à l’Élysée, en Auvergne-Rhône-Alpes. 

La position du PS est plus fragile, tandis que les Verts entendent profiter de la dynamique qui les a portés à la tête de plusieurs grandes villes aux municipales. Les écologistes misent notamment sur un succès en Pays de la Loire avec Matthieu Orphelin. 

>> À lire : Régionales 2021 : Karima Delli et la gauche unie au combat dans les Hauts-de-France

La majorité présidentielle aborde le scrutin avec des ambitions modestes – avec le ministre Marc Fesneau, un MoDem, comme principal atout dans le Centre-Val-de-Loire. La majorité nourrit surtout l’espoir de se placer en position de faiseurs de rois. 

En cas de grosse déconvenue, la question d’un remaniement gouvernemental risque de se poser, alors qu’Emmanuel Macron doit exposer, début juillet, la feuille de route de la dernière année de son quinquennat.

Pour les élections départementales, le scénario est identique : les sortants devront faire face à la poussée du RN qui, là non plus, ne détient aucun département.

Cinq collectivités d’outre-mer – Mayotte, la Réunion, la Guadeloupe, la Guyane et la Martinique – sont également appelées aux urnes pour renouveler les élus de leur département, régions ou collectivité territoriale.

Avec AFP 

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