Football – Ligue 1 – Du changement de patron au titre, une saison en montagnes russes pour Lille

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Lille, sacré champion de France dimanche après sa victoire (2-1) à Angers, a connu une saison en montagnes russes: si les exploits sportifs se sont enchaînés, les secousses ont agité le club, notamment le changement de propriétaire juste avant la trêve de fin d’année. Ça commençait mal. Frustré par l’arrêt du championnat au printemps dernier, alors que sa bonne dynamique laissait entrevoir une qualification en Ligue des champions, le Losc a finalement échoué à un point du podium. Il a dû se contenter de la Ligue Europa, avant de vivre un été agité. Si le départ de son buteur nigérian Victor Osimhen, qui a rejoint Naples pour près de 80 millions d’euros, était acté, celui de son compère en attaque Loïc Rémy l’était moins et a provoqué des tensions dès la fin du mois de juin.

L’imbroglio Campos

L’entraîneur Christophe Galtier et Luis Campos, le conseiller du président Gérard Lopez, ont mal vécu ce dénouement. Le recruteur portugais, en froid avec le directeur général Marc Ingla et le directeur juridique et administratif, Julien Mordacq, n’a quasiment plus remis les pieds au Domaine de Luchin, le centre d’entraînement des «Dogues». Cette affaire avait provoqué une sortie de Galtier dans la presse en novembre: «Luis n’est plus là et tout est en stand-by (…) Son absence me disperse dans mon travail. Elle ajoute une charge de travail dont je n’ai pas besoin au quotidien», s’était plaint le technicien.

Heureusement pour le Losc, Campos est resté actif sur le marché des transferts et a notamment déniché trois joueurs déterminants dans le sacre du Losc: le défenseur néerlandais Sven Botman et les attaquants Jonathan David et Burak Yilmaz. L’arrivée du jeune Canadien, en provenance de La Gantoise contre 27 millions d’euros, nouveau record du club, a été longue à se dessiner mais était espérée depuis des mois. Celle de l’expérimenté capitaine de la sélection turque en a surpris plus d’un et a constitué un pari gagnant. Le duo, avec la bagatelle de 29 buts en L1, s’est révélé indispensable malgré un début de saison difficile.

Dès l’automne, Lille a montré les muscles en L1, à l’image de ses victoires face à Lens (4-0) ou Monaco (2-1), et aussi en Ligue Europa, avec des succès probants sur la pelouse du Sparta Prague (4-1), mais surtout à San Siro face à l’AC Milan de Zlatan Ibrahimovic (3-0). Ce que l’on ignorait, c’est que la défaillance du diffuseur Mediapro, venue s’ajouter au manque à gagner lié à la pandémie de Covid-19, a mis en grandes difficultés Gérard Lopez, qui s’était endetté pour investir dans le club.

Lopez poussé vers la sortie

Mis sous pression par ses bailleurs, il s’est démené pour trouver une solution mais n’a finalement eu d’autre choix que de céder le Losc au fonds d’investissement luxembourgeois Merlyn Partners, juste avant Noël. Selon Olivier Létang, le nouveau président lillois, le club était au bord de la cessation de paiement et les nouveaux propriétaires ont injecté 50 millions d’euros en liquidités.

Le dirigeant, qui avait promis que le club ne s’affaiblirait pas au mercato hivernal, a tenu parole et le sportif est resté au centre de l’équation, permettant ainsi une transition en douceur. «La nouvelle direction n’a pas touché à l’équipe au mercato d’hiver, a souligné Christophe Galtier à l’AFP en avril. La stabilité financière a permis de conserver l’effectif, c’est la base. Et les gens qui sont arrivés avaient un grand respect pour ce qui était fait jusqu’à présent. Il n’y a pas eu de bouleversement.»

C’est justement à partir de février que les joueurs lillois ont repris la tête et enchaîné les bons résultats. Malgré une élimination en Ligue Europa face à l’Ajax Amsterdam (2-1, 2-1), les Dogues ont gardé le cap, portés par les buts de Jonathan David. Et quand on les croyait assommés mi-mars après une défaite à domicile face à Nîmes (2-1) coûtant la première place, les Nordistes ont répondu en allant gagner sur la pelouse du PSG (1-0) au match suivant pour récupérer leur fauteuil de leader à l’aube du sprint final. Malgré les incertitudes, les Dogues ont toujours conservé un état d’esprit irréprochable et une foi inébranlable en la possibilité de réaliser l’exploit, à l’image de leur succès renversant à Lyon (3-2) fin avril. Ils ont eu raison.

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