Football – Transferts – Suspendu aux désirs de Neymar et (surtout) Mbappé, Paris a du pain sur la planche

SPORT

Et maintenant ? Après la sortie de piste face à Manchester City, en demi-finale, le Paris Saint-Germain doit ranger, au moins pour un an de plus, ses rêves de sacre en Ligue des champions au placard. Le temps pour Mauricio Pochettino et ses joueurs, tout le club en fait, pour progresser encore. Certes, le parcours européen, avec ces succès face à Manchester United, Barcelone ou au Bayern, comporte «de nombreux motifs de satisfaction», comme l’a souligné Leonardo mardi soir sur RMC.

D’ailleurs, l’élimination face à City n’est pas honteuse, au vu du niveau de l’adversaire et de la manière. Certes, les Skyblues l’emportent 4-1 sur l’ensemble des deux matches, mais avec un peu plus de réussite, la donne aurait pu être différente… «On n’a pas eu ce petit soupçon de chance… Sur les deux matches, on en a pas eu du tout», peste Pochettino, tandis que «Leo» est convaincu que la formation parisienne va «réaliser des choses importantes» à l’avenir.

Neymar, la nouvelle icône du Paris Saint-Germain

Neymar et Mbappé, les premiers dominos

Pour cela, Paris devra continuer à avancer, à grandir. Et les premiers dominos qui doivent tomber, c’est Neymar Jr et Kylian Mbappé. Au vu de leur qualité, de leur place dans l’effectif et de leur valeur marchande, ils détiennent la clé du mercato parisien et plus encore. Les deux superstars sont sous contrat jusqu’en 2022 et Paris veut les faire prolonger. Sans quoi, il faudrait penser à les vendre, histoire de ne pas les voir partir sans indemnité dans un an.

Malgré les gesticulations de la presse catalane, l’avenir de «Ney» ne semble plus faire de doute. En revanche, celui de Mbappé, forfait à l’Etihad Stadium, est toujours flou. «On connait la situation de Kylian, il sait ce qu’on pense, disait encore récemment Leonardo, sur Canal+. Il a un an et deux mois de contrat. Après, tout le monde parle. Le moment de décider va arriver, c’est sûr.» 

Avec ou sans lui, la chanson n’est évidemment pas la même. Déjà sur le plan tactique, on a bien vu que le PSG de Pochettino n’a pas joué mardi dernier comme il a pu le faire contre le Barça ou le Bayern aux tours précédents. Avec le meilleur contre-attaquant du monde, Paris peut continuer à jouer la transition avec avidité contre les meilleurs clubs. Sans lui, peut-être que le coach argentin reviendrait à un schéma plus classique. En fonction de ce choix, Leonardo et «Poche» pourront s’atteler à modifier l’effectif, affiner les profils, pour dénicher les joueurs les plus adaptés au style du PSG cuvée 2021-22. Et ce alors qu’on a parfois eu l’impression par le passé de transferts sans vision globale, sans relation concertation entre les décideurs.

On imagine que le poste d’arrière droit sera, dans tous les cas, ciblé en priorité. A gauche, le retour de blessure de Juan Bernat ne fera pas de mal. Un milieu de terrain complet non plus. Et devant, cela dépendra des cas Julian Draxler (fin de contrat), Moise Kean (fin de prêt), voire Mauro Icardi et Pablo Sarabia. Dans le sens des départs, les cas Thilo Kehrer, Mitchel Bakker, Layvin Kurzawa ou Colin Dagba seront étudiés.

Moyens limités, mais…

Malgré les rumeurs Leo Messi, Cristiano Ronaldo ou encore Mo Salah dernièrement, n’oublions pas que le Paris Saint-Germain ne pourra pas dépenser sans compter l’été prochain. Il faudra cibler, étudier, se montrer malin… Même si Nasser Al-Khelaïfi s’est attaché les faveurs des instances européennes en disant «non» à la Super Ligue et en prenant la présidence de l’ECA, alors qu’il ne voulait pas du poste au départ, le gendarme financier veille toujours. Et les rentrées sont limitées en temps de Covid-19, sans parler des droits TV. Pour Le Parisien, il est toutefois question «d’une star, un milieu et un latéral» pour les arrivées, évoquant par exemple Eduardo Camavinga (Rennes) au milieu ou Serge Aurier (Tottenham), à droite, mais aussi la possibilité d’associer Neymar, Mbappé et Messi, malgré la prouesse que cela représenterait financièrement.

Outre le recrutement, d’autres secteurs devraient évoluer d’eux-mêmes sous la coupe de Pochettino, avec par exemple le physique. S’ils n’ont pas eu le temps de souffler après le «Final 8», les Parisiens auront droit à une vraie préparation l’été prochain. Globalement, espérons que ce PSG si «politique», dixit Thomas Tuchel, laisse le coach argentin mettre en place ses méthodes dans tous les domaines et lui apporte un soutien inconditionnel. Charge à lui d’être assez diplomate pour ne pas se mettre tout l’organigramme à dos, lui.

Une chose est sûre : si le PSG s’est acheté un mental, certaines attitudes devront encore changer, individuellement et collectivement. Comme l’ont souligné les Parisiens après City, le très haut niveau, ça se joue «sur de petits détails». Et ce sont ces petits détails qui sont les plus durs à attraper. Pour le reste, le talent est là, autour de Keylor Navas, Marquinhos, Marco Verratti, Neymar et Mbappé… ou son successeur. 

L’exigence au quotidien

Evidemment, la Ligue 1 ne va pas changer demain. Dommage. «La Premier League, c’est extraordinaire parce qu’on ne peut jamais récupérer, on doit toujours donner 100%. Et ça fait quelque-chose avec le club, la mentalité et les joueurs», jure Tuchel, comparant les championnats de France et d’Angleterre et affirmant que la compétitivité quotidienne qu’il a trouvé de l’autre côté de la Manche l’aide à pousser son équipe. Les Parisiens doivent faire comme si, et ne pas attendre d’être en C1 pour hausser leur niveau. Là encore, c’est le travail de Pochettino. Mais les dirigeants devront l’épauler dans cette tâche et recadrer les récalcitrants. 

Pour le reste, il faudra aussi ce «petit soupçon de chance». Par exemple, le principal point commun des deux futurs finalistes de C1, c’est d’avoir une infirmerie vide ou quasi vide, contrairement au PSG et au Real. Chacun son tour direz-vous, Paris ayant sorti le Bayern sans Robert Lewandowski en quarts. Toujours est-il que la chance ne sourit qu’aux audacieux. Aux Parisiens, joueurs, coaches et dirigeants, de la provoquer. Pour le moment, place au championnat (Rennes dimanche) et à la Coupe de France (Montpellier le 12 mai). Car la saison n’est pas encore terminée. Et il convient d’éviter qu’elle s’achève sans le moindre trophée…

A lire aussi

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *