France-Allemagne : Coups de cœur et coups de griffe de nos envoyés spéciaux

SPORT

OPINION – Après la démonstration de force de l’équipe de France en Allemagne mardi soir (1-0), retrouvez les bons et mauvais points des envoyés spéciaux du Figaro à Munich.

À Munich

Coups de cœur

Avec le cœur et cette rage, les Bleus peuvent aller loin
Le talent et les individualités, on le sait, l’équipe de France n’en manque pas. Une inconnue demeurait toutefois avant le début de l’Euro. À savoir si ce groupe avait encore faim après son sacre en Russie. La réponse s’avère limpide. Et la démonstration de force entrevue à Munich est là pour en témoigner. Les Bleus n’ont pas faim, ils ont les crocs. Affamés. Prêts à tout engloutir. Dans un match de haute intensité, digne des plus grands matches internationaux, les hommes de Deschamps sont repartis de Munich après avoir marché sur l’Allemagne. Tactiquement et surtout physiquement. Peu d’équipes arriveront à bousculer autant les champions du monde 2014 dans cet Euro. Signe d’un cœur et d’une rage intacts de la part des Pogba, Varane ou Kanté. Avec un tel état d’esprit, qui doit perdurer jusqu’au 11 juillet, les Français peuvent voir venir. Et rêver en (très) grand.

L’ambiance électrique de la Football Arena
Avec seulement 14.500 spectateurs présents pour 70.000 places (jauge à 20% autorisée en raison des contraintes sanitaires), on pouvait craindre que la Football Arena (Allianz Arena rebaptisée ainsi le temps de l’Euro), sonne un peu creux. C’est tout le contraire qui s’est passé mardi soir. Avant la rencontre, les «Allez les Bleus !» entonnés par les 2.500 supporters français ont succédé aux «Deutschland, Deutschland» des locaux pour faire monter la température. L’intensité aperçue sur le terrain a carrément électrisé les gradins d’où est souvent descendue une impressionnante bronca, notamment en direction de Hugo Lloris, jugé coupable de gagner du temps par les supporters allemands. Une bonne vieille soirée de foot bien bruyante et bienvenue après des mois de huis clos.

Coups de griffe

La morsure Rüdiger
Il avait prévenu en annonçant deux jours avant le choc face aux Français son intention de «jouer sale». Autant dire que le défenseur allemand a été à la hauteur de sa réputation. Joueur rugueux, incisif et vrai leader défensif dans le Chelsea vainqueur de la Ligue des champions, Rüdiger n’a pas connu la même réussite mardi soir lors de la défaite des siens à l’Allianz Arena. Juste avant la pause, marqué physiquement par les coups de butoir de ses adversaires, il a tout simplement pété les plombs en mordant Paul Pogba au dos. Ce dernier s’en est plaint au corps arbitral. En vain. Pas de carton, encore moins de remontrance. Pas beau à voir. Reste une question ? Face aux images, que fera l’UEFA dans les jours à venir ?

La soirée aurait pu virer au cauchemar
«On a frôlé le drame». Après la rencontre, Didier Deschamps n’en revenait toujours pas de l’épisode incroyable vécu à la Football Arena quelques minutes avant le coup d’envoi. Un militant de Greenpeace, qui voulait profiter de l’exposition du match pour faire passer un message («Kick out Oil», «dehors le pétrole» en anglais), a raté l’atterrissage de son paramoteur. L’engin composé d’une voile de parapente et d’un moteur léger a heurté un câble et son pilote a dû tenter un rétablissement en catastrophe alors qu’il prenait la direction de la partie basse de la tribune latérale du stade du Bayern. S’il est finalement parvenu à se poser sur la pelouse, son hélice a heurté deux personnes, légèrement blessées, avant de se désintégrer. L’UEFA a dénoncé, à raison, un acte «inconsidéré». Pas mieux.

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