Golf – France – Antoine Rozner : «Un mois exceptionnel aux Etats-Unis avec mon premier tournoi majeur»

SPORT

Avant de partir jouer sur le PGA Tour et de disputer l’USPGA, son premier tournoi majeur, le Racingman a remporté le Linxea Open FFGolf qui s’est déroulé cette semaine sur l’Albatros avec les meilleurs jeunes amateurs français.

Double vainqueur sur le Tour européen à Dubaï (en décembre)puis au Qatar (en mars), Antoine Rozner (28 ans) vit une saison extraordinaire. Invité au Championnat du monde de MatchPlay, le Français en a profité pour battre (2up) le phénomène Bryson DeChambeau lors du premier tour. Un nouveau coup d’éclat qui lui a permis de se faire remarquer par les Américains, lui l’ancien étudiant de l’université du Missouri, à Kansas City.

Désormais 70ejoueur au classement mondial, Antoine Rozner va disputer son premier tournoi majeur lors du prochain USPGA (du 20 au 23 mai à Kiawah Island, en Caroline du sud). Mieux, il a reçu deux invitations du PGA tour, dont il n’est pas membre, pour s’aligner d’abord à l’AT&T Byron Nelson (du 13 au 16 mai à McKinney, au Texas) puis au Memorial tournament (du 3 au 6 juin à Dublin, dans l’Ohio). Un mois de folie qu’il a choisi de préparer au Golf National cette semaine, en étant tête d’affiche du Linxea Open FFGolf, parmi les jeunes pros et amateurs, filles et garçons.

Appliqué, le plus jeune des frères Rozner a ajouté une nouvelle victoire à son palmarès, au terme de trois tours (71-69-71) disputés sur un parcours (par 72) fantastiquement préparé – l’Open de France aurait dû s’y dérouler cette semaine s’il n’avait pas été annulé par le Tour européen – et dans des conditions totalement différentes (pluie le jeudi, plein soleil le vendredi, fort vent le samedi). « Un sacré test », a-t-il résumé avant de s’envoler ce dimanche vers Dallas et le Texas.

LE FIGARO GOLF. – Pourquoi était-ce important pour vous de participer au Linxoa Open cette semaine, sur le parcours Albatros du Golf National en compagnie de joueuses et joueurs amateurs ?

Antoine ROZNER. – Simplement parce que l’Albatros est un des meilleurs parcours en France et en Europe. Pendant ces trois jours, c’était un sacré test. Voilà, il n’y a pas meilleure préparation pour moi que de jouer ici cette semaine, sur ce parcours, dans de telles conditions. C’est très important pour moi et cela me tient à cœur de bien jouer, de taper des bons coups. Je sais que ce sont des coups de golf qu’on doit également jouer sur le circuit. C’est une très bonne mise en situation.

Vous avez joué au milieu d’amateurs qui seront certainement pour certains parmi les meilleurs Français et Françaises de demain, vous sentez-vous une responsabilité vis-à-vis d’eux ?

Non, pas plus que ça, parce qu’ils sont très bien encadrés et savent parfaitement ce qu’il faut faire. Je n’ai aucun conseil à leur donner. Ils sont déjà assez mâtures, je trouve, pour leurs âges. Je crois qu’ils font tous du bon boulot. La fédération fait aussi du bon travail et je n’ai rien à y ajouter.

«Ce n’est pas parce que je pars aux États unis que je vais chambouler tout mon jeu. Pour moi, l’objectif est vraiment de m’inscrire dans la continuité.»

Retrouvez-vous aujourd’hui des similitudes avec vous à leur âge ou bien les temps ont-ils déjà beaucoup changé les profils ?

J’ai joué les deux premiers tours avec Tom Vaillant (membre de l’équipe de France amateur qui prépare le championnat du monde 2022 au Golf National, ndlr). C’est un garçon très gentil et nous avons donc passé deux très bons dix-huit trous ensemble. C’était sympathique. Je pense que c’est un garçon qui a de l’avenir. Il vient de différents sports, un peu comme moi qui avait aussi pratiqué beaucoup de sports différents plus jeune avant le golf. Je trouve ça bien. Il possède un bon potentiel.

En quoi est-ce important de mixer les amateurs, filles et garçons, avec des professionnels ?

C’est simplement une forme de soutien des professionnels à l’égard de tous et toutes. Il n’y a pas de raison que cet Open existe juste pour les hommes et pas pour les femmes. C’est une belle reconnaissance pour tout le golf français en général, qu’il soit professionnel ou amateur. Je trouve que c’est une très bonne initiative.

Depuis votre succès au Qatar puis le WGC-MatchPlay et votre victoire sur Bryson DeChambeau, vous êtes revenu en France et avez joué cette semaine au milieu des amateurs au Golf National. Doit-on comprendre que vous êtes redescendu de votre petit nuage?

Oui, oui… Après, j’espère quand même rester dessus le plus longtemps possible, sur ce petit nuage ! Je crois que je vais vivre un mois exceptionnel aux États-Unis, là. Donc j’essaye de me préparer du mieux possible, et quoi qu’il arrive, ça sera une super expérience pour moi. Voilà, je travaille du mieux que je peux et puis on verra bien ce qui arrivera.

Est-ce que vous avez identifié les facteurs clés de succès de ce mois qui se présente aux États-Unis ?

Pour le mois qui vient ? Non, non… Je pense qu’il faudra juste bien jouer au golf ! (rires)

Qu’est-ce que cela signifie dans votre cas, aujourd’hui ?

Ça veut dire que je dois rester appliqué et concentré sur mon jeu. Pas faire d’erreurs. Je dois savoir rester concentré sur mes routines, sur ce que je peux contrôler, sur tous mes points forts. Voilà. Cela dit, c’est un process sur lequel je suis en travail permanent. C’est une exigence continue et quelque chose que je travaille toute l’année, semaine après semaine. C’est donc plus une continuité que qu’un objectif immédiat. Ce n’est pas parce que je pars aux États unis que je vais chambouler tout mon jeu. Pour moi, l’objectif est vraiment de m’inscrire dans la continuité.

Connaissez-vous les parcours que vous allez jouer aux États-Unis : au TPC Craig Ranch à McKinney (Texas), l’Ocean Course de Kiawah Island (Caroline du sud), et celui du Muirfield Village Golf Club (Ohio) ?

Non, je n’ai jamais joué aucun de ces parcours quand j’étais à la fac aux USA. J’ai vu quelques images de Kiawah Island, mais rien de plus. Je vais découvrir tout ça sur place. J’ai hâte.

Ces dernières semaines, comment percevez-vous les regards des autres sur vous ? Ont-ils changé ?

Oui, complètement. Je vois bien que quand je vais à la Boulie, c’est un peu la folie avec les gamins ! Ce n’est pas évident pour autant à gérer mais, oui, forcément, ma victoire au Qatar puis le championnat du monde de MatchPlay ont changé des choses. Cela a fait beaucoup parler, tout ça, c’est sûr, mais bon, voilà…

Comment le gérez-vous ?

Ce n’est pas évident. Il faut savoir que je ne peux pas dire « oui » à tout ni à tout le monde. Je ne veux pas dire « non » à tout non plus. C’est donc un juste milieu à trouver et je pense que pour l’instant, ça va. Je gère plutôt bien, mais je dois faire attention à ne pas y laisser trop de plumes, non plus. Et puis j’ai aussi envie de garder un peu de temps pour moi…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *