Hongrie-France : les coups de cœur et coups de griffe de nos envoyés spéciaux

SPORT

ANALYSE – Qu’ont retenu du match nul des Bleus contre la Hongrie (1-1) nos journalistes présents à la Puskas Arena de Budapest ?

Coups de cœur

Griezmann le sauveur
Certains diront de lui qu’il est passé à côté de sa rencontre et n’a pas assez pesé sur l’issue du match. Ce n’est pas la vérité. Face au manque de réalisme de Mbappé et Benzema pendant toute la rencontre, il est celui qui a permis l’égalisation à la 67e minute de jeu dans la fournaise de la Puskas Arena samedi après-midi. Premier point. Sans être flamboyant, ni virevoltant, « Grizou » (93 sélections, 38 buts), pour sa 50e apparition consécutive avec l’équipe de France, s’est montré précieux et surtout décisif dans le marasme français, là ou certains de ses partenaires ont plongé, manquant à leurs responsabilités. Le public français est en droit d’attendre plus de sa connexion avec ses deux compères d’attaque, tant le cocktail semble explosif et savoureux mais lui n’a pas grand-chose à se reprocher. Moins que les autres en tout cas. Son meilleur poste n’est pas en faux ailier et si Deschamps lui laisse une entière liberté, cette position le contraint à beaucoup d’efforts et de replacements, dont il s’accommode mais dont l’impact est perceptible quant à son volume de jeu.

La Puskas Arena, quelle folie !
Après plus d’un an à arpenter des stades vides et à subir des ambiances froides et sinistres, il fallait se mouiller la nuque en pénétrant dans la Puskas Arena de Budapest. Prévenus par le Français de la sélection hongroise Loïc Nego que l’ambiance serait au rendez-vous, le choc thermique a quand même été brutal mais sublime. Sous une chaleur d’enfer (30° à l’ombre), le seul stade de l’Euro à pouvoir faire le plein dans le contexte sanitaire actuel s’est transformé en véritable cocotte-minute grâce à ses 55.998 spectateurs dont 50.000 Hongrois déchaînés. Broncas, clapping, chants à l’unisson, l’atmosphère a été incandescente pendant 90 minutes, notamment grâce à l’impressionnante Brigade des Carpates du Kop Nord. Les 5.700 supporters français ont eu bien du mal à se faire entendre malgré tous leurs efforts. Il fallait voir ce stade chavirer après l’ouverture du score de Fiola… De la pure folie qui fait du bien après tous ces matches à huis clos.

Supporters du Kop Nord de la Puskas Arena samedi. BERNADETT SZABO / REUTERS

Coups de griffe

Le coaching pas très inspiré de Deschamps
C’est de bonne guerre et le sélectionneur le sait mieux que personne. Quand ça gagne, son coaching est souvent loué et après une contre-performance, c’est la rengaine inverse. Face aux Hongrois, le patron des champions du monde a été à l’image de ses joueurs, pas très inspiré. Il l’a reconnu lui-même, certains de ses protégés ont été rapidement émoussés samedi après-midi sur le bord de la pelouse, d’où une question : Pourquoi avoir procédé à des changements tardifs sur la pelouse de la Puskas Arena ? Dembélé pour Rabiot à la 57e minute de jeu, puis Giroud-Tolisso pour Benzema-Pogba à la 75e et Lemar à la place de Dembélé blessé à la 87e. Toujours facile de réécrire l’histoire après-coup, mais les matches ratés de Pogba et Benzema – ça arrive – auraient pu être «sanctionnés» d’une sortie du terrain plus rapide, tant les deux hommes n’ont rien fait de bon samedi. Depuis le début de la préparation, «DD» loue la profondeur de banc et le talent qu’il a à sa disposition … Sous une forte chaleur, un public en feu et un groupe France en difficulté, la possibilité des cinq changements offerte par l’UEFA pendant l’Euro aurait pu être une carte majeure pour des Bleus décevants. Raté.

Quand le mercure explose, les Bleus s’ankylosent
«Il faisait très très chaud. Quand on joue des matches avec cette intensité et cette chaleur c’est toujours compliqué, mais pour les deux équipes. C’est plus dur que le soir». Entré en deuxième période à la place d’un Pogba très décevant, Corentin Tolisso confirmait par les mots, après le match, une tendance qui se confirme pour les champions du monde. Quand les températures s’envolent, les Bleus souffrent. Comme au Mondial 2018 face au Danemark dans la touffeur moscovite (0-0), même si le contexte était bien différent, et à Konya un an plus tard où Antoine Griezmann et ses partenaires avaient suffoqué face à la Turquie (0-2). «L’adaptation physiologique à cet horaire (15h00) et la température ont eu plus d’impact sur nous que l’adversaire», a reconnu samedi Deschamps qui avait pourtant adapté ses derniers entraînements en conséquence. Bonne nouvelle, ses joueurs ne joueront plus à l’heure de la sieste jusqu’à la fin de l’Euro.

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