Jeux olympiques – Tokyo 2020 – Wahid Hambli, les yeux dans les Jeux

SPORT

16 Mars 2020. Depuis deux jours, à Londres, se déroulait le tournoi de qualification olympique européen en boxe. Avant d’être stoppé en raison de la crise sanitaire liée à l’épidémie de Covid-19. Un arrêt brutal, qui préfigurait, déjà, du futur report des Jeux de Tokyo. Seize mois plus tard, on prend les mêmes, et on recommence, cette fois du côté du Grand Dôme de Villebon-sur-Yvette, dans l’Essonne. Enfin, pas tout à fait les mêmes car deux Français – Billal Bennama (poids mouche, -52kg) et Samuel Kistohurry (poids plume, -57kg) – avaient réussi à valider leur billet avant l’interruption. Mais du 4 au 8 juin, huit de leurs compatriotes tenteront de les rejoindre dans l’avion en direction de la capitale japonaise. Dont Wahid Hambli, engagé en moins de 69kg.

Le successeur de Souleymane Cissokho, le capitaine de la Team Solide

Pas n’importe quelle catégorie puisqu’il s’agissait à Rio, il y a presque cinq ans, de celle d’un certain Souleymane Cissokho, futur médaillé de bronze olympique. Une référence pour Hambli. «C’est une chance de pouvoir être le successeur de Souleymane, qui est un modèle pour nous, pas que pour moi. C’était le capitaine de la «Team Solide» (le surnom de l’équipe de France de boxe lors des JO 2016), il a su être performant sur et en dehors du ring. Il dégage vraiment quelque chose. J’apprécie autant le boxeur que l’homme. J’espère réussir à avoir de bons résultats comme lui.» Une succession qui pourrait être synonyme de lourde pression sur ses épaules, mais aussi sur celles de tous ses partenaires, tant la fameuse équipe symbolisée par le tandem Tony Yoka-Estelle Mossely marqua de son empreinte les Jeux de Rio par sa réussite sportive et l’image qu’elle laissa. «Je préfère voir le côté positif en me disant qu’ils nous ont montré la voie, en nous prouvant que c’était possible de faire six médailles pour l’équipe de France olympique. Cela nous encourage et nous motive à donner le meilleur de nous-mêmes. Et puis cette Team Solide a démontré que la boxe, bien que sport individuel, pouvait donner naissance à une vraie équipe, solidaire. Nous essayons d’en faire de même en créant un lien fort entre nous.»

«J’essaie de ne pas me mettre la pression. Les places pour les Jeux sont très chères»

Wahid Hambli

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Le boxeur de Montbéliard, âgé de 31 ans, dispose de sérieux arguments à faire prévaloir, du haut de ses 90 victoires en 105 combats et de sa présence dans le Top 5 mondial de sa catégorie. Sauf que la crise sanitaire a brouillé les cartes en le laissant pendant un an sans possibilité de combattre officiellement. «Cela a été long et pas toujours évident à vivre que de devoir se préparer pour une compétition qui, peut-être, n’aura pas lieu, confie-t-il. Nous n’avions plus de certitudes, ce qui est déstabilisant sur le plan mental. Mais après, c’est comme sur un ring, il faut savoir s’adapter. C’est ce que j’ai su faire.» En reprenant sa série de victoires là où elle s’était arrêtée. De quoi aborder donc le TQO de Villebon-sur-Yvette dans une bonne dynamique. «Je me sens en forme, confiant et impatient de commencer ce tournoi. Mais en même temps, je veux essayer d’arriver le plus relâché possible car c’est comme ça que je suis le plus performant et le plus lucide. J’essaie de ne pas me mettre la pression. Les places pour les Jeux sont très chères. Pour avoir parlé avec certains de mes camarades qui ont déjà participé aux Jeux, ils insistent beaucoup sur la pression en moins qu’on ressent quand on obtient la qualification. A la limite, la pression qu’on ressent pour ce TQO est plus importante que pour les Jeux proprement dit.»

Hors de question, pour lui, de louper cet événement qu’il prépare depuis maintenant cinq ans. Et pour lequel il pense finalement être mieux préparé cette année qu’il y a un an, date prévue des Jeux. «Je me sens plus fort que l’année dernière, surtout sur le plan mental. Aujourd’hui, ce que j’ai vécu pendant un an m’a rendu plus fort mentalement. Et plus important, l’envie a été décuplée.» Contrairement à certains autres sportifs qui ont préféré mettre un terme à leur carrière, Wahid Hambli, lui, a puisé dans ce report une force supplémentaire : «Pas une seule seconde je n’ai pensé à tout abandonner. Je me suis simplement dit qu’il y avait des choses plus graves. On voyait des personnes souffrir de ce virus et même mourir, cela pousse à relativiser et à patienter. Là, je m’apprête à vivre un tournoi de qualification olympique et je ne veux voir que le verre à moitié plein.» Surtout qu’après 2021, le boxeur de Montbéliard songe déjà à 2024. Avec appétit. «Paris est un objectif que je me suis fixé aussi, et j’y serais en passant par Tokyo j’espère.» Réponse entre le 4 et le 8 juin, avec d’abord un combat contre un Irlandais qui pourrait lui permettre de mettre les deux pieds dans l’avion.         

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