La presse italienne salue l’arrestation de sept ex-membres des Brigades rouges

Monde

Les médias transalpins saluent la décision d’Emmanuel Macron et s’indignent des critiques de Jean-Luc Mélenchon et de certains intellectuels français.

Le Président Emmanuel Macron a fait arrêter, le 28 avril dernier, sept anciens membres de l’organisation terroriste italienne des Brigades rouges, réfugiés depuis quarante ans en France. Une décision vivement saluée par la quasi-totalité de la presse italienne, qui s’indigne par ailleurs des critiques émises par le leader de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon, et d’une certaine complaisance de la part de certains intellectuels ou médias français.

«La justice est passée. Elle finit toujours par vous rattraper», se félicite dans les colonnes d’Il Messaggero le général Paolo Galvaligi, fils du général des carabiniers Enrico Galvaligi assassiné en 1908. «Année de plomb: la blessure guérie», écrit La Stampa. Le journal de Turin salue «la justice pour les victimes» et donne lui aussi la parole aux familles. «Ils ont tué mon frère et vécu ensuite la belle vie», regrette Maurizio Campagna, frère d’Andrea, un policier tombé sous les balles des brigadistes rouges en 1979 à Milan.

«Année de plomb: dernier acte», constate La Repubblica, qui a choisi en première page la photo d’une scène de crime en noir et blanc, avec sur le bitume une arme de poing munie d’un silencieux et des douilles de projectiles. Le quotidien de centre gauche consacre six pleines pages à l’arrestation des «ombres rouges de Paris». Dans ce quotidien de centre gauche, la ministre italienne de la Justice, Marta Cartabia, a ainsi assuré que c’est « la soif de justice et de réconciliation qui a gagné, pas la vengeance ». Une pique directement envoyée au leader de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon, qui s’est dit pour sa part « affligé » par la décision d’Emmanuel Macron, y dénonçant même « un acte de vengeance plus qu’un acte de justice ». Pour la ministre italienne de la Justice, au contraire, «La France a parfaitement compris de quelle blessure avait souffert l’Italie dans les années de plomb et pour la première fois a levé les obstacles politiques, légaux, à la doctrine Mitterrand», souligne-t-elle.

La Repubblica donne également la parole à Benedetta Tobagi, une journaliste dont le père, lui-même journaliste, a été assassiné par un membre des « Brigate rosse ». Dans un article également intitulé « justice, et non vengeance », elle témoigne : « ceux qui se souviennent des taches de sang sur les trottoirs et du décompte quasi journalier des morts et des blessés à la fin des années 1970, tout comme ceux qui ont été touchés directement par le terrorisme, dans leur chair ou dans leur entourage, ont éprouvé un soulagement à l’annonce de cette nouvelle, et même une certaine satisfaction. Car cette justice, aussi tardive et parcellaire soit-elle, c’est aussi pour tous les Italiens qu’elle est rendue, et pas seulement pour les victimes et les survivants. »

Le quotidien de droite Libero est pour sa part particulièrement sévère à l’égard du quotidien Le Monde, qu’il qualifie de « quotidien de la gauche caviar » dans un article intitulé « la honte du quotidien de la gauche française » : « la nouvelle de l’arrestation des terroristes rouges italiens réfugiés en France ne vaut pas plus qu’une brève de quelques lignes, et par conséquent, aucun titre de Une. Alors que même le Président Emmanuel Macron en a parlé. Du reste, on sait bien que les Français de gauche ont toujours protégé et aimé nos brigadiers ».

Le même journal s’indigne de la tribune d’une poignée d’intellectuels parue dans Libération pour appeler le président Macron à « tenir l’engagement de la France » vis-à-vis des « exilés » Italiens, se référant à la fameuse « doctrine Mitterrand » – sujette à différentes interprétations. « Parmi eux (les intellectuels, N.D.L.R), se trouve Valeria Bruni Tedeschi, le bras droit de l’extradition manquée de Marinella Petrella en 2008, refusée par son beau-frère Nicolas Sarkozy, à l’époque Président. », souligne ainsi le quotidien de droite.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *