La Rochelle-Racing : les coups de cœur et les coups de griffe de notre envoyé spécial

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Un pack rochelais qui a humilié celui du Racing, une équipe francilienne muette après la 14e minute, West qui capitalise au pied la domination de son équipe… Découvrez ce qui a retenu l’attention de notre envoyé spécial à Lille lors de la nette victoire des Maritimes en demi-finale du Top 14.

Coups de cœur

La démonstration de force du pack rochelais
«Une caricature», répliquait Laurent Travers quand on lui présentait cette demi-finale comme un match dans le match entre le pack rochelais et les trois-quarts franciliens. C’est pourtant ce qu’il s’est passé. Une domination des avants maritimes, plus agressifs dans les collisions (Claassen et Kolingar, marqués, ont dû sortir sur saignement), supérieurs en mêlée fermée pour une poignée de pénalités récoltées dans cette épreuve de force. À l’agonie en conquête, les avants du Racing n’ont pas pu approvisionner leurs Galactiques qui se sont retrouvés à leur tour sur le reculoir. À l’heure de jeu, alors que le Stade Rochelais menait 19 à 6, la gigantesque averse qui s’est déversée par le toit ouvert du stade Pierre-Mauroy, a sonné la fin des espoirs du Racing. Les conditions de jeu ainsi ralenties avantageaient définitivement le despotique pack rochelais.

West et Retière font la différence
L’ouvreur néo-zélandais de La Rochelle avait raté sa finale de Champions Cup, entre autres avec un terrible manque de réussite face aux perches. Face au Racing, Ihaia West s’est repris. Un quasi-sans-faute au pied (5/6, 14 points), y compris la transformation complètement en coin. Et une justesse dans son rôle de maître à jouer qui a contrasté avec les choix, régulièrement étranges, de son vis-à-vis Finn Russell. L’autre Rochelais à s’être mis en valeur offensivement est l’ailier Arthur Retière. Souvent barré cette saison, il a profité des nombreux forfaits pour commencer la rencontre. Et inscrire un essai de tableau noir. Petit par-dessus de Dulin et Retière, pourtant loin d’être le plus grand, s’empare du ballon au nez et à la barbe de Maxime Machenaud et Teddy Thomas, pour aplatir en coin.

Le public retrouve de la voix
Ils n’étaient que 5000 mais ils ont fait assez de bruit pour qu’on goûte à nouveau avec délice une ambiance plus conforme à des affiches de phase finale. Les tambours du Racing avaient été autorisés mais ce sont les chœurs du Stade Rochelais qui chantaient plus fort, prenaient rapidement le dessus à l’image de leur équipe. Pour entonner, dès l’heure de jeu, des tonitruants «Ici, ici, c’est La Rochelle». À noter que la Ligue, qui organise ces matches de phase finale, avait intelligemment pris soin de disséminer les supporters dans trois grandes tribunes. Pour une distanciation sociale et des gestes-barrière respectées, à l’inverse du Stade de France qui, lors du récent France-Bulgarie, avait agglutiné les 5000 supporters des Bleus du foot dans le même bout de tribune… Et, pourtant, les pouvoirs publics ne vont sans doute pas accorder au Top 14 la dérogation demandée pour une finale, vendredi prochain, devant 15.000 spectateurs…

Coups de griffe

La conquête du Racing à l’agonie
Une mêlée fermée concassée, des lancers égarés en touche, le combat des rucks perdu. Les avants du Racing ont souffert le martyre face à la phalange rochelaise, plus rude et plus déterminée. Un exemple parmi dix, sur cette pénalité jouée à la main par Colombe dans le dernier quart d’heure. Le pilier charge et c’est Dany Priso qui arrache le ballon au milieu des avants du Racing, déboussolés, atones.

Machenaud plonge dans le noir
Derrière un pack dominé, le demi de mêlée et capitaine du Racing a fini par disparaître corps et biens. Deux pénalités réussies en début de match et rideau. Les Ciel-et-blanc ont inscrit leurs derniers points à la… 14e minute ! Plus rien après. Pas loin d’être inédit dans une demi-finale de Top 14. Dès la 48e minute, le manager Laurent Travers a choisi de sortir son capitaine, qui n’avait effectué qu’une seule course ballon en mains, pour faire entrer Teddy Iribaren. Qui n’a pas été capable d’inverser une tendance déjà trop lourde…

Fickou-Thomas, les Galactiques
Jeudi, ils semblaient rire à l’avance des bons tours qu’ils allaient jouer à la ligne arrière du Stade Rochelais, décimée par les forfaits (Doumayrou, Botia, Aguillon, Sinzelle). Les deux amis avaient convaincu Jacky Lorenzetti de les associer. Gaël Fickou a quitté le Stade Français en cours de saison, Teddy Thomas, dont le contrat ne devait pas être prolongé, est resté. Ils devaient mettre le feu, ils ont pris l’eau. L’ailier, malgré cinq défenseurs battus bien loin de la zone de marque, n’a jamais semé le danger. Le centre, lui, a écopé en défense. Et dire que Fickou avait choisi d’abandonner «ses frères» parisiens mi-avril pour rallier le Racing, candidat plus crédible à un titre de champion de France…

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