Monastir ou tableau d’une ville économiquement morte

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La Corniche offre un visage triste.

Un Tunisien résidant à l’étranger, qui a l’habitude de passer ses vacances estivales à Monastir, s’est dit attristé par l’image qu’offre aujourd’hui cette ville touristique à l’orée de l’été 2021, crise sanitaire de la Covid-19 oblige, à savoir celle d’une ville économiquement morte.

Par Imed Bahri

«Je connais la ville depuis 40 ans et j’ai des vieux amis à la retraite qui m’en donnent souvent des infos. Je savais qu’à l’image des autres villes tunisiennes, Monastir est très affectée par la crise induite par la Covid-19, mais pas au point que j’ai constaté moi-même de visu, en y arrivant en ce début de juin 2021», témoigne notre vacancier désappointé par l’ambiance plutôt calme et triste qu’offre aujourd’hui cette ville, habituellement dynamique, bariolée et souriante à pareille période de l’année.

La crise sanitaire et ses conséquences économiques et sociales sont passées par là. Et le résultat est navrant, confirmé par cet indicateur très significatif : les appartements à vendre et/ou à louer pour l’été sont à la pelle, mais, renseignement pris, il y a très peu de demande et de réservation.

Par ailleurs, les rayonnages des trois supérettes de la fameuse corniche sont presque vides de marchandises, et c’est normal, les clients se font rares et la consommation est en chute libre…

Pire encore, les deux pâtisseries où beaucoup de vacanciers venus d’Europe achètent habituellement la baguette, le pain de campagne et les viennoiseries sont définitivement fermées. Le plus grand magasin de chaussures d’une superficie de 150 mètres carrés exposant habituellement jusqu’à 1000 références, est lui aussi fermé. Idem pour deux grands magasins de vêtements pour femmes…

Si même les sandwicheries servant le déjeuner des ouvriers et des fonctionnaires, soit trois ou quatre pizzerias autour de la corniche, ont fermé leurs portent ou «chassent les mouches», selon l’expression bien tunisienne pour dire qu’elles broient du noir, les chauffeurs de taxis et les marchands d’artisanat ont de bonnes raisons d’afficher mauvaise mine, en espérant des jours meilleurs.

On ne peut certes pas encore parler de ville sinistrée, car l’été ne fait que commencer et on peut espérer une amélioration de l’ambiance générale – encore faut-il que la troisième ou quatrième vague de Covid-19 que traverse le pays se calme un peu – mais Monastir, à l’évidence, ne respire plus la joie de vivre, comme avant la pandémie, et les rares touristes croisés ça et là, le visage dûment masqué, n’annoncent pas (pour le moment du moins) une grande saison touristiques.



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