Noureddine Bhiri : «L’usage de la liberté d’expression est excessif à l’encontre des policiers»

POLITIQUE Tunisie




Le ministère de l’Intérieur n’était peut-être pas «garanti» pour le mouvement Ennahdha, en 2011. Ce furent, en tout cas, les termes employés par le président du parti, Rached Ghannouchi, à l’époque, lors d’une discussion fuitée, avec des salafistes. Aujourd’hui, les choses ont changé, et avec Hichem Mechichi à sa tête, l’institution gouvernementale est plus que jamais nahdhaouie aux yeux de plusieurs observateurs.

C’est donc, sans surprise, que Noureddine Bhiri, dirigeant et député du parti islamiste, a pris, aujourd’hui, lundi 14 juin 2021, la défense des forces de l’ordre, malgré les dépassements et les crimes commis dernièrement par des policiers à l’encontre de simples citoyens, notamment à Sidi Hassine Sijoumi.

Dans une déclaration accordée à Mosaïque FM, l’ancien ministre de la Justice a estimé qu’en Tunisie, «l’usage de la liberté d’expression est excessif pour agresser les policiers».

«Les forces de l’ordre n’ont aucun problème avec le droit de manifester à condition que ça soit dans le cadre de la loi», a-t-il ajouté. Curieuse déclaration quand on sait que quelques jours plus tôt, un mineur a été filmé en train d’être dénudé et violenté par des policiers en pleine rue. Même si, venant de M. Bhiri, un politicien loin d’être connu pour son honnêteté intellectuelle, cela peut se comprendre.

Pour tenter d’équilibrer un peu ses propos, le député controversé a ajouté que, d’autre part, «aucun Tunisien, quelle que soit son appartenance politique, ne peut accepter l’usage excessif de la violence par les forces de sécurité, contre des manifestants venus exprimer leurs opinions».

Interrogé sur l’épisode de Sidi Hassine, Bhiri a estimé que ce qui s’y était passé ne nécessite pas une pétition de retrait de confiance au chef du gouvernement, Hichem Mechichi, qui est aussi, pour rappel, ministre de l’Intérieur par intérim.

«Une enquête a été ouverte à cet effet. Laissons la justice faire son travail. Qu’est-ce qui est demandé à Hichem Mechichi ? Qu’il tue celui qui a agressé le mineur ? Pourquoi les forces de sécurité sont-elles ciblées dans toutes les manifestations ?», a-t-il poursuivi.

C. B. Y.



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