Prétendante sérieuse à la victoire finale, la Belgique est en mission

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Trois ans après la demi-finale du Mondial perdue contre la France, la Belgique est plus que jamais revancharde et possède les atouts pour décrocher un premier titre sur la scène internationale. Son chemin commence en Russie ce samedi (21h).

L’heure de la revanche a-t-elle sonné ? En cas de parcours sans-faute, France et Belgique se retrouveraient en demi-finale de l’Euro le 6 juillet prochain à Wembley. Sans se risquer au jeu des pronostics, un tel remake donnerait encore plus de saveur au parcours de l’une ou l’autre équipe, deux épouvantails de la compétition. Alors s’il est déjà de bon ton d’imaginer les réactions pour peu qu’elles soient chauvines d’un côté ou de l’autre de la frontière, la perspective de voir les Belges à ce stade de la compétition n’a rien d’une prédiction farfelue. Cette année plus encore qu’en 2016 et en 2018, la Belgique s’avance avec son lot de certitudes qui la place invariablement parmi les favoris de la bouche d’une grande majorité d’observateurs.

«Au regard de la progression, la Belgique est censée être l’équipe dans son cycle ascendant, analyse Marcel Desailly. Ils ont fait une très bonne Coupe du monde, où ils ont impressionné, mais la France leur a coupé les pattes.» A la clé, une troisième place après un succès contre l’Angleterre lors de la petite finale (2-0), et un sentiment de revanche, donc. Surtout. Clin d’oeil du destin, Courtois et ses partenaires démarreront leur campagne européenne là où tout s’était arrêté il y a trois ans, au stade Krestovski de Saint-Pétersbourg, pour y défier la Russie ce samedi (21h, beInSport, M6). Un premier test (avant le Danemark et la Finlande) qui n’a rien d’une mise en route progressive pour une équipe qui peaufine ses derniers réglages. «Il nous manque encore un peu de synchronisation mais l’équipe est prête pour l’Euro», a fait savoir jeudi le sélectionneur Roberto Martinez, qui retrouve Thierry Henry en tant qu’adjoint pour la compétition.

Lukaku dans la forme de sa vie

Un retour qui fait le bonheur d’un joueur en particulier : Romelu Lukaku. «Je parle souvent avec Thierry Henry, très souvent même, confiait l’avant-centre de 28 ans dans une interview accordée à la chaîne VTM en octobre dernier. Il est en fait mon mentor. Il m’a donné l’impulsion pour être comparé à d’autres grands attaquants en Europe.» Et faire mieux qu’un bon nombre d’entre eux cette saison, où il a été l’un des grands artisans du titre de l’Inter Milan (24 buts, 10 passes décisives en Serie A), après quoi il a été élu joueur de la saison.

Et avec les Diables, avec qui il a porté pour la première fois le brassard le 3 juin dernier contre la Grèce (1-1), le natif d’Anvers est bien plus qu’une valeur sûre, puisqu’il est déjà le meilleur buteur de l’histoire de la sélection (60 buts). Un statut qu’il aura à coeur de consolider dès samedi en Russie, où il avait inscrit ses deux premiers buts avec l’équipe nationale en novembre 2010 (2-0). Dans la forme de sa vie, l’attaquant devenu complet apparaît comme l’arme numéro 1 de la Belgique, qui ne manque pourtant pas de têtes d’affiches.

Un premier match sans De Bruyne, quid de l’état de forme d’Hazard ?

Car la sélection demeure l’une des mieux fournies sur le papier. «Tous leurs joueurs évoluent dans des grands clubs», rappelle Desailly. De Courtois à Lukaku en passant par Hazard et De Bruyne, le potentiel de l’équipe légitime les ambitions d’un premier titre international, qui rapporterait 435 000 euros pour chacun des 26 joueurs sélectionnés selon le Het Laatse Nieuws. Or, certains leaders, dont les deux derniers cités, sont en délicatesse physiquement. À commencer par Kevin De Bruyne (29 ans), touché au nez en finale de Ligue des champions (0-1 contre Chelsea) et d’ores et déjà forfait pour l’entrée en lice des siens, à l’instar d’un autre milieu, Axel Witsel (32 ans), insuffisamment remis de son opération au tendon d’Achille. «L’absence de Kevin De Bruyne, c’est une grande perte pour la Belgique, mais je pense que les autres joueurs seront tous prêts et en forme. Aucune équipe ne veut perdre son leader, mais les Belges restent les favoris», a tranché Artem Dzyuba, le capitaine de la Russie. Dans les autres joueurs, seule une incertitude demeure et laisse planer le doute sur la réelle force de frappe des Diables : le cas Eden Hazard.

«On va voir avec l’équipe médicale ce que je vais faire pour le premier match, a expliqué le Madrilène à la RTBF jeudi. Commencer, ce sera le choix du coach mais je ne suis pas encore à 100 %.» Les blessures musculaires récurrentes handicapent sérieusement le rendement de l’ailier de 30 ans, qui avait été l’un des tout meilleurs joueurs du Mondial 2018. La dernière en date, contractée mi-mai après deux saisons déjà noires avec le Real, remet en cause le rendement d’une équipe longtemps dépendante de son capitaine. Et les récents matches amicaux (il est seulement entré 8 minutes contre la Croatie dimanche, 1-0) ont été guère rassurants. Mais l’ancien Lillois, comme tous les Belges, trouvera certainement un supplément d’âme à l’idée d’une revanche contre les Bleus. «Ce serait beau d’avoir une revanche, en quarts, demie ou peut-être en finale. On est toujours un peu déçus de la manière dont s’est passée la demi-finale», regrettait Hazard en novembre 2019. De l’eau a coulé sous les ponts depuis. La rancune, elle, semble tenace.

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