Racing 92, une machine impressionnante mais (parfois) inconstante

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Le club francilien, après sa large victoire sur le Stade Français en barrage (38-21), devra éviter tout relâchement contre La Rochelle en demi-finale du Top 14.

Une démonstration de force et d’efficacité qui a, d’entrée, fracassé les espoirs du Stade Français Paris. Dans son Arena de Nanterre, le Racing 92 a inscrit trois essais en un quart d’heure, puis un autre à la demi-heure de jeu, pour tuer le match. 28-0 à la 28e minute, efficacité maximale, réalisme total. La messe était dite. Mais les Franciliens, au retour des vestiaires, ont baissé de pied, moins tranchants, moins appliqués, ils ont laissé leurs voisins parisiens inscrire trois essais.

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Un relâchement des Ciel et des Blanc, combiné à un réveil des Soldats Roses. «A 28 à zéro, les joueurs ont sans doute pensé que les Stadistes allaient lâcher, et du coup ce sont eux qui ont lâché un peu, a reconnu le manager francilien Laurent Travers. Ce qui a permis au Stade Français de jouer en avançant. Nous avons eu beaucoup moins le ballon, et ça nous a fait défaut. C’était difficile après de retourner la situation.» Même constat du demi de mêlée Maxime Machenaud : «On n’a pas forcément mis notre jeu en place mais on a su construire sur une très grosse défense. On a eu quelques flottements en deuxième mi-temps mais c’est toujours délicat de gérer un match quand il y a autant de points d’écart.»

Les Racingmen, qui avaient été battus il y a six semaines dans leur enceinte par ces mêmes Parisiens, avaient un compte à régler. «On avait pas mal d’agressivité, de rancœur», a reconnu le troisième ligne Boris Palu, qui n’élude pas le coup de mou de son équipe. «En deuxième mi-temps, on se dit «Plus on peut leur faire mal, mieux c’est», d’autant plus que c’est un derby. Mais inconsciemment, quand on a marqué cet essai dès le retour des vestiaires, on s’est relâchés, on faisait moins mal au plaquage.»

Quand on parle de gros paquets d’avants, celui de La Rochelle en est un. Cette saison en Coupe d’Europe, ils ont fait mal à tout le monde

Boris Palu

Alors que la ligne d’attaque des «Galactiques» du Racing est régulièrement mise en avant, le pack des Ciel et Blanc a livré une prestation de haut vol, survolant les débats en début de match. «Beaucoup de commentaires se sont attardés sur notre ligne de trois-quarts, mais pour que cette ligne puisse montrer ses qualités, les avants doivent faire le boulot, a tenu à rappeler Laurent Travers. Le rugby est un jeu de combat et d’avants. Sur les cinquante premières minutes, on a pris le dessus sur le Stade Français. Bravo aux avants !» Et de rappeler cette maxime souvent entendue dans le rugby : «Les avants décident de qui va gagner le match et les trois-quarts décident du score.»

Sixième demi-finale pour le Racing

La semaine prochaine, au stade Pierre-Mauroy de Lille, le choc contre le Stade Rochelais promet un bras de fer dantesque. «Quand on parle de gros paquets d’avants, celui de La Rochelle en est un, se méfie Boris Palu. Ils ont une super défense et, cette saison en Coupe d’Europe, ils ont fait mal à tout le monde.» Un constat partagé par Laurent Travers : «La Rochelle dispose d’un gros paquet d’avants et de dangers dans toutes les lignes. Il faudra que tout le monde reste bien concentré.» Encore une piqûre de rappel.

Mais, comme il l’avait clamé avant le match, le technicien altoséquanais le répète : «Là, on a tout donné pour gagner ce quart de finale et partir à Lille. Et nous allons tout faire pour aller ensuite au Stade de France.» Le club des Hauts-de-Seine, qui n’a jamais manqué les phases finales depuis son retour dans l’élite en 2009-2010, disputera sa sixième demi-finale. Avec en ligne de mire une deuxième finale de Top 14 après celle de 2016, qui s’était soldée par une victoire à Barcelone contre le RC Toulon.

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