Régionales 2021 : pour La France insoumise, l’occasion de tendre la main

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Le parti de Jean-Luc Mélenchon ne présente que quatre têtes de liste aux élections régionales. Dans les autres régions, il a passé des alliances à géométrie variable avec les partis de gauche tout en lançant des flèches à destination d’Europe Écologie-Les Verts. Une stratégie qui vise à dédouaner La France insoumise de tout sectarisme.

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La France insoumise (LFI) a beau avoir noué de nombreuses alliances en vue des élections régionales (20 et 27 juin), difficile de ne pas d’abord retenir les attaques répétées de son dirigeant, Jean-Luc Mélenchon, en direction d’Europe Écologie-Les Verts (EELV).

« Menteurs », « hypocrites », « faux jetons »… On ne compte plus les noms d’oiseaux et autres amabilités lancés par le chef des Insoumis à propos des écologistes, qui ont selon lui « un avenir aussi longtemps qu’on ne les voit pas à l’œuvre ». Pourquoi tant de haine ? À écouter Jean-Luc Mélenchon, LFI serait victime, dans cette campagne des régionales, d’une cabale orchestrée par Europe Écologie-Les Verts. « En Paca et dans les Hauts-de-France, EELV exclut LFI des accords. Mais c’est moi que Jadot et Piolle accusent de brutaliser le débat », a-t-il accusé le 12 mai sur Twitter.

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Le député des Bouches-du-Rhône faisait référence à l’exclusion, début mai, de la candidate insoumise en Provence-Alpes-Côte d’Azur de la liste commune EELV-PS-PCF-PRG portée par l’écologiste Jean-Laurent Félizia, et aux désaccords concernant les élections départementales dans les Hauts-de-France. Depuis, Jean-Luc Mélenchon et ses lieutenants tirent à boulets rouges sur EELV avec le même refrain : ce sont eux les sectaires.

« En Paca, la comédie est terminée. ‘Nous ne voulons pas de La France insoumise’ a déclaré la responsable nationale aux élections d’EELV. L’oukaze verte a convaincu les appareils PS et PC de se rassembler pour nous exclure. […] La France insoumise prend acte du pacte sectaire conclu par la gauche d’hier et les écologistes contre elle. Elle dénonce leur hypocrisie et double discours dont le seul objectif est le monopole politique et le cumul des mandats », pouvait-on lire, le 6 mai, dans un communiqué de LFI.

Régulièrement accusé de fermer la porte à toute union de la gauche, Jean-Luc Mélenchon entend ainsi inverser les rôles : son parti n’a cessé de tendre la main dans toutes les régions de France, clame-t-il. Une façon de ne plus apparaître, à un an de l’élection présidentielle, comme l’éternel diviseur à gauche.

Peser dans l’entre-deux-tours

Aux européennes de 2019, les Insoumis étaient partis seuls au combat ; l’année suivante, ils avaient préféré soutenir des listes citoyennes lors des municipales. Mais ils ont, cette fois-ci, noué des alliances. Outre les Hauts-de-France, seule région où l’ensemble de la gauche est parvenu à se ranger derrière Karima Delli, LFI s’est alliée avec le PCF pour soutenir des candidats communistes en Auvergne-Rhône-Alpes et en Normandie ; avec les communistes encore derrière la candidature de Clémentine Autain en Ile-de-France ; avec Génération.s pour porter la candidature de l’ancienne ministre Aurélie Filippetti dans la région Grand Est ; et même avec EELV pour soutenir une tête de liste écologiste en Centre-Val-de-Loire et l’ancien « marcheur » Matthieu Orphelin dans les Pays de la Loire.

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« On a essayé d’être utile. Quand on a trouvé des coalitions qui défendaient des choses intéressantes, on a favorisé le rassemblement », argumente le député insoumis de Seine-Saint-Denis, Éric Coquerel, dans Le Monde.

Cette stratégie consistant à parler à tout le monde permet également à La France insoumise d’apparaître comme incontournable en vue des futurs rassemblements des listes de gauche au second tour. Malgré les invectives, il y a en effet fort à parier que LFI et EELV sauront se retrouver avant le 27 juin, en particulier en Auvergne-Rhône-Alpes et en Ile-de-France. « Placez-moi en tête à gauche le 20 juin, vous pourrez compter sur mon sens du rassemblement », a d’ailleurs affirmé, lundi 14 juin sur LCI, la candidate insoumise en région parisienne, Clémentine Autain.

Ces diverses alliances devraient également permettre à LFI d’éviter une claque comme ce fut le cas lors des européennes (6,31 %), tout en gagnant plusieurs élus dans les conseils régionaux et départementaux. Une façon de renforcer le parti à peu de frais.

Ces élections sont enfin l’occasion pour la future relève de s’aguerrir. En Bretagne, la tête de liste insoumise Pierre-Yves Cadalen mène, à 28 ans, sa troisième campagne après celles des législatives de 2017 et des municipales de 2020. Et, surtout, en Nouvelle Aquitaine, c’est la coordinatrice du programme présidentiel de Jean-Luc Mélenchon, Clémence Guetté, qui connaît, à 30 ans, sa première expérience de candidate.

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