Rugby – Coupes d’Europe – Guirado : «Montpellier veut finir l’année sur de belles choses»

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Dans quel état d’esprit avant cette finale de Challenge Cup contre Leicester ?
Guilhem Guirado : Plus on se rapproche, plus on peut sentir l’excitation et l’envie de jouer cette finale. On est excités mais aussi mesurés parce qu’il reste encore deux jours avant le match. Il nous tarde d’être en Angleterre et d’être au match vendredi soir.

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Leicester est une équipe qui a une grosse culture du jeu d’avants. A quel match vous attendez-vous ?
C’est une équipe qui est fidèle à sa réputation, fidèle à son histoire, ils jouent depuis des années comme ça. Ils ont réussi à retrouver cette force-là, qui leur avait manqué ces quatre-cinq dernières années. Ils s’étaient un peu cherchés. Là, ils reviennent en force. Même si cela s’avère un peu difficile pour eux dans le championnat anglais, on sait que sur les matches de Challenge Cup, ils ont réussi à «performer», à faire de gros coups. On n’arrive pas en terrain conquis, on sait ce qui nous attend, on a hâte de voir si on est capable de répondre présent dans le combat qu’ils vont nous proposer. On sait qu’on ne sera pas déçu…

A quelle point vos résultats en Challenge Cup vous ont transformés et transformé votre fin de saison ?
On en avait au tout début de l’aventure, au début du tirage. On était déjà très heureux d’être reversés en Challenge Cup parce qu’on avait eu un parcours difficile en Champions Cup. Du coup, on a vu que c’était intéressant pour nous de jouer cette compétition et de composer avec ce tirage qui était plutôt favorable pour nous. Sur notre rugby, cela nous a permis d’élever notre niveau de jeu, et on en avait besoin pour le championnat. Cela a été de bonne augure pour le maintien – même si on n’est pas encore maintenu mais on s’en rapproche très favorablement. Cette Challenge Cup, ce sont des matches de très haut niveau, d’un niveau plus élevés qu’en championnat. C’est le niveau intermédiaire entre le niveau international et le Top 14. Ce sont des matches intéressants à jouer, encore plus si on peut aller chercher un titre.

«Tous les titres valident le travail effectué et permettent de construire un groupe»

Une victoire en Challenge Cup permettrait-elle de sauver votre saison ?
Tous les titres valident le travail effectué et permettent de construire un groupe. Tous les récents vainqueurs de la Challenge Cup ont réussi ensuite à avoir des résultats en Champions Cup. On se rappelle de l’épopée de 2016 (victoire contre les Harlequins à Lyon) qui a permis au club de s’endurcir et de progresser au niveau national. C’est toujours intéressant de trouver cet esprit de compétition. Ce sont des matches à forts enjeux et à élimination directe. Du coup, c’est une formule qui est différente du championnat qui est plus un marathon. On le voit, il y a neuf équipes qui peuvent être dans le top 6 et qui peuvent disputer les phases finales. La Challenge Cup est une compétition différente. Le fait de jouer à l’étranger, dans des stades que l’on ne connaît pas, c’est bien pour forger le groupe.

Au début de cette aventure européenne, Philippe Saint-André avait demandé au groupe ce qu’il comptait faire en Challenge Cup. Et les leaders, comme Fulgence Ouedraogo et vous, ont directement dit que vous vouliez le coup à fond…
C’est venu à moment où on avait vraiment repris énormément de confiance, on se sentait bien au niveau de notre rugby. L’esprit de compétiteurs est ressorti chez les joueurs expérimentés. La question ne s’est pas posée. Philippe a voulu nous tester par rapport à ça. Il n’a as été déçu, il a pu voir qu’on avait du caractère et qu’on avait soif de compétition. Surtout, cela n’a pas fait peur au groupe. On aurait pu être tétanisés par l’enjeu alors qu’on jouait le maintien. mais on savait que le groupe était assez étoffé pour faire les deux. Cela s’est fait naturellement, il n’y a pas eu de débat ou de discussion. Ça s’est par «la voix des sages», on va dire… 

«On n’a pas attendu d’être en finale pour parler de nos aventures, on en parle au quotidien toute l’année. C’est quelque chose qui se fait naturellement»

Il y a au sein de l’effectif de Montpellier des joueurs qui ont remporté des titres prestigieux. Avez-vous un rôle particulier auprès des autres joueurs qui n’ont pas ce vécu ?
On n’a pas attendu d’être en finale pour parler de nos aventures, on en parle au quotidien toute l’année. C’est quelque chose qui se fait naturellement. Les discussions sont ouvertes, on essaie juste d’apporter notre expérience pour que cette année se finisse par de bonnes choses, que ce soit le maintien et un titre européen.

Est-ce réducteur de dire que la Challenge Cup est une petite Coupe d’Europe ?
Ça c’est une question de journalistes. Quand on voit les noms des équipes qui ont remporté cette compétition… On peut en parler avec les Clermontois qui l’ont gagnée en 2019 face à La Rochelle. Ça a marqué leur saison et ça leur a fait du bien pour la suite. Il n’y a pas de petite ou de grande Coupe d’Europe, c’est juste que certaines équipes n’ont pas fait le nécessaire pour se qualifier pour la Champions Cup et elles sont reversées en début d’année en Challenge Cup. D’autres, comme nous, ont eu un parcours difficile en Champions Cup en cette période de Covid. Cette Coupe d’Europe a été assez inédite. Non, il ne faut pas regarder dans ce sens-là. Il faut aussi voir qu’on a réussi à gagner nos trois matches de phase finale (Glasgow en huitièmes, Trévise en quarts, Bath en demie, NDLR) et qu’on a eu du caractère pour les remporter. Maintenant, on va aller affronter une belle équipe de Leicester, qui plus est sur son territoire.

Vous n’étiez pas à Montpellier en 2016. Vous a-t-on raconté ce que ce titre en Challenge Cup avait apporté au club ?
Oui, on échange beaucoup, on a revu des images qui sont fortes pour le club. C’est quelque chose qui se fait au quotidien dans le vestiaire. On se rappelle qui était là, qui était dans le groupe, comment ça s’était passé. Mais on n’a pas attendu d’être en finale pour en parler. On en parle toute l’année, c’est ça l’histoire d’un club. C’est ce qui fait la force et la beauté d’un groupe.

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