Rugby – Coupes d’Europe – Montpellier-Leicester : les coups de cœur et coups de griffe de notre envoyé spécial

SPORT

Par notre envoyé spécial à Twickenham,

COUPS DE COEUR

Montpellier sauve sa saison
Seulement douzièmes du Top 14 après avoir longtemps lutté pour ne pas être relégués en Pro D2, les Montpelliérains ont retrouvé des couleurs depuis l’arrivée de Philippe Saint-André. L’ancien sélectionneur du XV de France a su redonner confiance à une équipe à la dérive, qui a ensuite enchaîné huit victoires lors de ses dix derniers matches. Et réussi à remporter la deuxième Challenge Cup de son histoire, après celle de 2016. Retour en force du MHR. Avec ce succès dans la petite Coupe d’Europe, les coéquipiers de Benoît Paillaugue viennent de sauver leur saison : ils remportent un titre et décrochent par la même occasion leur billet pour la prochaine Champions Cup, la grande Coupe d’Europe. Inespéré mais totalement mérité.

Un match avec du public, enfin !
Une sensation que l’on avait pas connue depuis des lustres… Un match devant du public. A Twickenham, 10.000 heureux spectateurs avaient eu le droit de venir à assister à ce match. Et les supporters des «Tigers» avaient fait le déplacement en masse depuis les Midlands pour remplir le bas des gradins de l’enceinte londonienne. Un public fervent, connaisseur, respectueux (silence de cathédrale pour le buteur adverse !), qui a poussé jusqu’au bout, donné de la voix. Des cris, des encouragements, des «Come on Tigers !» qui ont retenti dans le «Temple du rugby». Souhaitons désormais au public français d’avoir la chance de pouvoir, rapidement, pousser à nouveau derrière son équipe. C’est quelque chose qui manque…

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Les larmes de Ouedraogo
Une image forte de cette finale. A la 25e minute du match, Fulgence Ouedraogo est en larmes. Il vient de subir un gros KO et il sait qu’il ne pourra pas revenir sur la pelouse de Twickenham. Il ne répondra pas favorablement au protocole commotion. Un coup dur pour le flanker emblématique du MHR. Lui, l’enfant du club. Lui, le dernier survivant des «Quatre Fantastiques» qu’il composait avec Louis Picamoles, François Trinh-Duc et Julien Tomas. En larmes, «Fufu» – irréprochable durant toute sa carrière – savait qu’il ne participerait pas, à 34 ans, à ce qui s’apparentait comme le dernier moment fort de sa carrière. Mais il y a quand même une happy end, ses coéquipiers ont su aller chercher sans lui ce deuxième sacre continentale. Une belle récompense.

La défense de fer du MHR
Déjà en demi-finale contre les Anglais de Bath, les Montpelliérains avaient tout simplement été énormes en défense. Vendredi à Twickenham, ils ont remis ça. Plusieurs grattages décisifs, des plaquages à la pelle, toujours un coéquipier pour suppléer le raté d’un copain. Le MHR a affiché un état d’esprit impressionnant, infaillible. Un tour de force remarquable. Les récents succès de Montpellier, depuis l’arrivée de Philippe Saint-André (qui décroche son premier titre depuis celui de champion d’Angleterre avec Sale en 2006), se sont bâtis sur une défense de fer. Leicester l’a amèrement constaté.

COUPS DE GRIFFE

Des Tigres trop stéréotypés
La finale de la Challenge Cup s’est longtemps résumée à une partie de «ping-pong rugby» plutôt indigente. A ce petit jeu, les Tigres des Midlands ont un maître à jouer, George Ford, qui maîtrise parfaitement ce type de rugby. Mais, au final, force est de constater que Leicester a proposé un rugby stéréotypé, d’une autre époque. Ford n’a pas trouvé la bonne carburation. Un «boring rugby» qui désormais est souvent critiqué. Le club historique du rugby anglais (sacré en 2001 et 2002) est revenu, après avoir tenté de faire évoluer son jeu sous les ordres de l’ancien All Black Aaron Mauger, à ce qu’il sait faire de mieux : un pack d’airain et du jeu au pied d’occupation. Rien de bien nouveau… Et à ce petit jeu assez restrictif, Montpellier s’est montré plus efficace et réaliste. 

Le MHR a souffert devant
Evidemment tout n’a pas été parfait dans la victoire de Montpellier. En première mi-temps, les joueurs de PSA ont énormément subi sur les ballons portés enclenchés par Leicester. A plusieurs reprises, le MHR a été mis sur le reculoir. Et de manière spectaculaire. Tout n’a pas été parfait non plus en mêlée. La discipline a laissé à désirer également (2 cartons jaunes, 13 pénalités concédées). Mais, au final, tout cela n’a pas été rédhibitoire et le club héraultais a su faire le dos rond, serrer les rangs en défense et s’imposer sur le fil. Après avoir été bousculés, les Montpelliérains se sont imposés en costauds.

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