Rugby – Coupes d’Europe – Saint-André : «On a trop souvent critiqué Montpellier»

SPORT

Par notre envoyé spécial à Twickenham,

Diriez-vous que c’est votre défense qui vous à permis de vous imposer contre Leicester ?
Philippe Saint-André : La défense non, parce qu’on marque deux essais alors que Leicester n’en marque qu’un… Je suis arrivé en janvier, quand l’état d’esprit était au plus mal. Quand j’ai repris le club, on a perdu cinq matches d’affilée mais dans le «money time». C’est sûr que maintenant on est bien en place. Aujourd’hui, c’est notre maîtrise, on a été pragmatique. Dès qu’on a eu des ballons, on a été dangereux. Ce groupe apprend et très rapidement. Aujourd’hui, dans les cinq dernières minutes, on a été sereins, on n’a pas paniqué, on a été patient. Je suis très fier de mes joueurs, de mon staff et aussi pour le président (Mohed Altrad). Il a fait toutes les réunions avec nous, il a souffert avec nous mais il a eu de la patience. On a une Coupe, on va respecter la bulle sanitaire mais on va fêter ce titre à l’hôtel !

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A votre arrivée en janvier, aviez-vous imaginé vivre une fin de saison comme celle-là ?
Je savais qu’il y avait un vrai potentiel. Après il fallait être plus précis en conquête, même si ce soir nous avons souffert sur les ballons portés. Il fallait qu’on ait un vrai ADN qui fonctionne bien entre les joueurs et le staff. Je me suis autour d’une table avec Olivier Azam et Jean-Baptiste Elissalde. J’ai voulu que ce soit validé par tous les leaders de l’équipe. J’ai senti une envie, une détermination, du courage de la part des joueurs qui prenaient des coups sur la tête et qui repartaient le lundi avec une envie incroyable. Bien sûr, on a changé des petits détails, etc. On a trop souvent critiqué ce club alors que j’ai trouvé une vraie solidarité. Les anciens joueurs nous ont envoyé des vidéos, les écoles de rugby, les gens du back office (administratif) pleuraient quand on perdait mais on a gardé le cap. Je n’ai pas paniqué, je savais que ça allait tourner. On doit être à dix victoires sur les douze derniers matches. Chapeau aux joueurs et à leur état d’esprit. Aujourd’hui, il a fallu être une belle équipe pour gagner face à une belle équipe de Leicester.

«Dans la vie, tu apprends tous les jours. Peut-être que je suis comme le bon vin, plus je vieillis moins je suis mauvais»

Quelle place va occuper ce titre dans votre parcours ?
C’est marrant que vous me posiez la question parce que dans les vestiaires, le demi de mêlée de Leicester Richard Wigglesworth est venu me voir, il a 37 ans. Il a gagné son premier avec moi ici avec les Sale Sharks contre Leicester, il y a 15 ans. On leur avait mis 40 points (45-20 en finale en 2006). Il était déçu mais il était content pour moi. Aujourd’hui, ce titre je le savoure car en janvier on était au bord de l’enfer. Mais avec ce groupe-là je me suis dis qu’on pouvait la gagner. C’était fou ! On était pourtant dans une dynamique négative. Olivier Azam était d’accord, Jean-Baptiste Elissalde était plus sceptique. J’ai dit aux joueurs lors de notre réunion du lundi: on va la jouer à fond, non seulement on va se sauver mais on va gagner cette coupe d’Europe. Les joueurs se sont réunis deux minutes et ils ont adhéré. Dans ma carrière, ces trois derniers mois ont été incroyables d’émotions et de partage. Même si, durant l’expérience en équipe de France, il y a eu des moments douloureux, ils m’ont énormément apporté. Dans la vie, tu apprends tous les jours. Peut-être que je suis comme le bon vin, plus je vieillis moins je suis mauvais.

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