Rugby – Top 14 – Montpellier lance son terrible marathon

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On achève bien les chevaux… A Montpellier, cela va prendre tout son sens. Réception de La Rochelle ce samedi, réception de Toulon mardi soir, déplacement à Paris contre le Stade Français le samedi 15 mai, finale de la Challenge Cup à Twickenham face à Leicester le vendredi 21, déplacement à Bordeaux quatre jours plus tard (le mardi 25) et, enfin, réception de l’Aviron Bayonnais, un match crucial pour le maintien, le samedi 29. Soit six matches en vingt-et-un jours. Et vive les cadences infernales…

La raison de cet embouteillage ? Deux matches reportés pour cause de Covid-19 et une qualification pour la finale européenne. Privée de solution de repli, La LNR a donc rempli le calendrier en semaine. Deux matches un mardi soir, et tant pis si on ne cesse de répéter que, dans un sport aussi traumatisant que le rugby, la santé des joueurs doit être la priorité des priorités. AU MHR de gérer son effectif, de faire tourner, quitte à faire l’impasse sur une ou deux rencontres. Sauf que Montpellier, 12e du Top 14 (avec 40 points, à égalité avec Bayonne et devant Pau, 36 points), n’a pas ce loisir avec sa place à sauver dans l’élite.

Jeudi, en conférence de presse, Philippe Saint-André a donc vitupéré. «Certains prennent des décisions, ils n’ont jamais dû être dans un vestiaire de rugby», a frappé l’ancien sélectionneur du XV de France. Pour éviter ce marathon, il avait proposé de retarder les phases finales. Refusé. Il avait alors suggéré de ne pas jouer les deux matches en retard en utilisant la péréquation. Refusé également.

«C’est scandaleux. On te parle de protéger les joueurs et, au final, on va faire je ne sais pas combien de matches en peu de temps…»

Vincent Rattez

«La première chose quand tu es éducateur et entraîneur, c’est la santé, la récupération de tes joueurs», a souligné, à raison, le manager du MHR, rappelant que le règlement mondial imposait à un joueur cinq jours minimum entre deux matches et que celui de la Ligue nationale interdit plus d’un match en semaine par mois. «J’ai bien entendu qu’on ne pouvait pas changer le championnat et qu’il y avait des règles établies qu’on pouvait changer, dont celle d’un match en semaine par mois. Apparemment, certaines règles peuvent être changées, d’autres non…»

Très remonté, PSA a conclu, amer : «Il y en a qui courent un 100m, nous, on court un 110m haies.» Avec la perspective de tout perde. Un titre européen et le maintien en Top 14. «C’est scandaleux, a appuyé l’ailier Vincent Rattez lors de cette conférence de presse. On te parle de protéger les joueurs et, au final, on va faire je ne sais pas combien de matches en peu de temps. Des matches couperets en plus. On n’est pas des machines. La saison est déjà assez longue pour, en plus, mettre des matches en semaine après deux jours de repos seulement…»

Les titulaires remplaçants et les remplaçants d’entrée de jeu

Voilà pour les protestations. Qui ne suffiront donc pas à changer ce calendrier infernal. «Il va falloir s’y plier et faire du mieux qu’on peut en gérant l’effectif», reconnaît Rattez. Ça commence par cette première tranche de trois rencontres en sept jours. Avec un effectif à panacher, à faire tourner le plus judicieusement possible. «Toulon ou Bordeaux en semaine, je ne peux pas me permettre d’y aller avec quinze Espoirs. On parle de maintien là, de l’avenir du club donc», prévient Saint-André.

Qui table sur un scénario idéal. Deux victoires contre La Rochelle et Toulon en quatre jours pourraient, selon les résultats de Pau et de Bayonne, assurer le maintien. Pour une impasse face au Stade Français Paris afin de laisser les titulaires préparer au mieux le choc contre les Tigres de Leicester. Il a donc concocté une équipe mixte pour la venue de La Rochelle. Une ligne de trois-quarts qui ressemble beaucoup à celle alignée samedi dernier contre Bath en demi-finale de la Challenge Cup (seuls Reinach remplace Paillaugue derrière la mêlée et l’ailier anglais Ibitoye est titularisé à la place de Tisseron), mais un pack remodelé : les titulaires sur le banc et les remplaçants d’entrée en gros, le jeune deuxième-ligne canadien Tyler Duguid (20 ans) honorant sa première titularisation.

S’il ce scénario rêvé ne se réalise pas, PSA devra alors calculer à la minute près le temps de jeu de sa troupe. Et prier pour que cet enchaînement démentiel ne remplisse pas son infirmerie. Sans même parler du Covid-19…

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