Scan Sport – Platini, Blanc, Wenger… un plateau cinq étoiles pour inaugurer le stade Charles-de-Gaulle

SPORT

A Colombey-les-Deux-Eglises 

C’était un après-midi de fête comme la pandémie nous en a trop longtemps privé. Dimanche, devant mille personnes massées dans une tribune éphémère, le stade Charles-de-Gaulle a été inauguré à Colombey-les-deux-Eglises, en Haute-Marne. Là où le Général avait élu domicile en 1934. Là où il s’est éteint le 9 novembre 1970, et où il repose depuis. L’année du cinquantenaire de sa mort, un nouvel hommage lui a été rendu sur un terrain qu’on lui prêtait inconnu. «Il adorait les sports collectif», coupe Jacques Vendroux, petit neveu par alliance du Général De Gaulle, et principal instigateur de ce projet d’inauguration en présence du Variétés Club de France, dont il est le manager général. Le journaliste de sport est à l’origine de la résolution d’une curieuse anomalie : aucun stade de football ne portait jusqu’alors le nom de Charles de Gaulle en France. 

Pour l’occasion, le terrain s’est offert une nouvelle jeunesse. «On s’est rendu compte que ça faisait 35 ans qu’on jouait avec une ligne médiane qui n’était pas au milieu du terrain, on avait 1,5 mètre de marge», sourit le maire du village Pascal Babouot, qui oeuvre depuis plusieurs mois à la tenue de l’évènement, prévu dans un premier temps le 11 novembre dernier, avant d’être reporté en raison de la pandémie. C’est finalement le 6 juin que le Variétés Club de France a débarqué. L’occasion de célébrer un peu plus l’histoire. Tout en collant à un autre anniversaire, le 50e du VCF, créé en 1971. «C’est l’un de nos plus beaux coups, s’est réjoui le manager Jacques Vendroux après la rencontre. La fête a été magnifique. On a réussi tout ce qu’on souhaitait : inaugurer le stade Charles-de-Gaulle et y faire jouer les plus grands joueurs dans un stade plein en fonction des évènements.» 

L’essentiel était ailleurs 

Après l’inauguration des mains d’un Michel Platini tout sourire, suivi de la remise d’un chèque de 50 000 euros à destination de la Fondation Anne-de-Gaulle, c’est toute une troupe de grandes personnalités du football français qui a fait le bonheur des spectateurs. Laurent Blanc, Arsène Wenger, Bixente Lizarazu, Christian Karembeu… une armada qui a ravi petits et grands dans le cadre d’ordinaire confidentiel de cette bourgade de quelque 400 habitants. A l’applaudimètre, le consultant de TF1 échoue de peu derrière l’ancien entraineur du PSG, toujours (très) fringant du haut de ses 55 ans, et dont les montées de balle ont soulevé un public haut-marnais survolté.

Intenable, le champion du monde 98 a étalé sa technique au beau milieu de la jeune équipe du Colombey FC, pensionnaire de troisième division départementale. Défaits 6-2, les locaux ont laissé passer leur chance en début de match – la faute à un Gaëtan Huard impeccable dans les buts – mais avaient tous le sourire peu après 17h. «En face, tout le monde a bien joué le jeu. C’était une super expérience pour les jeunes, ça n’arrivera qu’une fois dans leur vie», s’est enthousiasmé Maxime Aignelot, le coach haut-marnais, qui a foulé le pré pendant une vingtaine de minutes. 

A l’instar du Lorrain Michel Platini, posté derrière le but d’Huard et qui ne lâchait plus sa réplique miniature de la Croix de Lorraine offerte par la mairie, les visages étaient tout autant radieux du côté du VCF, qui n’avait plus joué depuis septembre. A l’image du capitaine Claude Puel, qui a nettoyé les deux lucarnes en seconde mi-temps. «Comme quoi tout arrive, en rigole l’entraîneur de Saint-Etienne. Mais c’est anecdotique. C’était un beau moment de convivialité avec d’anciens partenaires et surtout une bonne action et une belle inauguration de ce stade au nom d’un personnage mythique pour la France. On a beaucoup apprécié le retour du public, c’était champêtre et très sympa.» L’essentiel était ailleurs, et toute la troupe s’en est rendue compte lors d’une journée passée à marcher sur les traces du Général De Gaulle, du Mémorial à sa résidence de la Boisserie en passant par la Croix de Lorraine. «C’est la journée qui est importante, relève Jean-Michel Larqué, qui a joué quelques minutes en début de match. C’est tout ce qui s’est passé avant, c’était une belle commémoration. Un retour en arrière pour ceux qui ont connu le retour du Général au pouvoir mais aussi Mai 68 en tant qu’étudiant. C’est plein de souvenirs, c’est chargé en émotion. Si on en est là, il y est pour beaucoup.» L’entraîneur de Colombey abonde : «Si on est libre comme aujourd’hui, il a une grande part de responsabilité.»  

«Les enfants apprendront son nom autrement que dans les livres»

Et c’est toute une nouvelle génération qui est appelée à en prendre conscience. Avant de se bousculer pour réclamer selfies et autographes à des stars toutes plus disponibles que les autres, les jeunes footballeurs du département avaient pu inaugurer la pelouse avant la véritable inauguration, disputant un tournoi depuis la matinée. «On est d’abord dans un lieu chargé d’histoire, pose le maire Pascal Babouot. Quand Jacques Vendroux a décidé de nous proposer de baptiser le stade, je lui ai répondu que j’étais partant mais que ce serait sujet à l’approbation de la famille. Je me souviens avoir consulté Yves de Gaulle, il m’a dit ‘‘Si les jeunes pouvaient courir un jour sur un terrain qui porte le nom du Général, au moins ils l’apprendront autrement que dans les livres.’’» Joignant ainsi l’utile à l’agréable.

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