Tennis – Roland-Garros – Paire : «Je me demandais si le public n’allait pas me détester»

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A Roland-Garros,

Après la balle de match remportée par son adversaire Casper Ruud 5-7, 6-2, 6-1, 7-6 (7/4), Benoît Paire est resté un long moment sur sa chaise, prostré, cachant ses larmes sous une serviette, avant de quitter la scène sous une dernière ovation. L’émotion a remplacé la colère et la frustration qu’il traine depuis des mois comme des boulets. Ses déclarations et ses attitudes sur les courts ont agacé, voire souvent exaspéré à juste titre. Le public parisien ne lui en a pas tenu rigueur et l’a encouragé dans une belle ambiance malgré le nombre limité de spectateurs sur le Simone Mathieu. «Je me suis effondré sur ma chaise. Ce n’était pas de la tristesse. Si j’ai craqué, c’est que j’ai une boule à l’estomac et l’estomac noué et ça a du mal à sortir. Les gens se sont régalés et moi aussi. Ça a fait sortir tout ce que j’ai de négatif en moi». Niveau tennis, Paire a pris un set au Norvégien Casper Ruud, 16e mondial et en pleine forme, au premier tour de Roland-Garros. Une petite victoire en soit. Bien en jambes, le 40e mondial a su enflammer le Simonne Mathieu pendant près d’une heure avant de baisser physiquement, puis de pousser Ruud dans ses derniers retranchements lors de la 4e manche. 

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«J’ai retrouvé le tennis que j’aime avec du public, de l’émotion et du partage»

Benoît Paire

«J’ai pris beaucoup de plaisir même s’il y a beaucoup de déception évidemment de perdre dés le premier tour. J’étais venu pour retrouver l’ambiance que j’aime à Roland-Garros. Ça m’a fait chaud au cœur. J’ai ressenti déjà beaucoup d’émotion en entrant sur le terrain. Cela va me marquer. En terme de bien être mental je me suis rassuré devant un public qui m’a soutenu.» Le «mal aimé» a assuré qu’il avait peur d’un accueil beaucoup moins chaleureux. «J’avais besoin de voir comment le public allait réagir, je me demandais comment ça allait se passer sur le court. J’avais besoin de savoir comment le public allait réagir après tout ce qu’on a dit sur moi. Je me suis fait descendre un peu partout dans la presse. J’avais peur que l’on me déteste sur ce Roland-Garros. Je me demandais si j’allais recevoir des insultes. Mais ils aiment mon style de jeu même s’il y a peut-être certaines de mes déclarations qui les dérangent. Ça me rassure. Je reçois tellement de critiques que ça fait un bol d’oxygène cet amour que me rend les gens. Ma famille voit que je ne suis pas heureux, ils le ressentent. Le niveau de jeu, je l’ai. Si je retrouve une bonne condition physique et un peu de confiance, je peux faire de belles choses. Mais le tennis, c’est pas seulement physique c’est beaucoup dans la tête. J’ai enchainé les quarantaines. J’ai été deux fois positif et cas contact. Cela fait beaucoup pour faire mon métier.»

Et l’Avignonnais a même tenu à remercier la Fédération qui lui a prêté Boris Vallejo pour parfaire sa condition physique avant Roland-Garros :«Je remercie la Fédé de m’avoir permis de travailler avec Boris, je remercie Paulo (Paul-Henri Mathieu), je remercie tout le monde.».

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