Tennis – Roland-Garros – Usé par son marathon contre Koepfer, Federer «ne sait pas» s’il poursuivra Roland-Garros

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Envoyé spécial à Roland-Garros 

Making of : Fatigué, Roger Federer s’est présenté devant la presse à 1h30 du matin, environ 45 minutes après sa balle de match contre Dominik Koepfer battu 7-6 [5], 6-7 [3], 7-6 [4], 7-5. Professionnel sur le bout des doigts, le Suisse a malgré tout pris le temps de répondre aux nombreuses questions des médias et confié que cet combat laisserait forcément des traces sur son corps de joueur de 39 ans qui revient d’une longue période d’inactivité. L’Helvète n’a pas fait de Roland-Garros son objectif prioritaire cette saison et pour préserver son genou opéré et ses chances de bien figurer à Wimbledon, il pourrait faire l’impasse sur le choc à venir face à Matteo Berrettini programmé lundi. 

Roger, à quel point avez-vous été inquiet dans ce match ? 
Roger Federer : Après le deuxième set, je n’étais pas trop sûr de ce qui me restait dans le réservoir ! Cela a été jusque-là une belle bataille. Je me suis dit à ce moment-là : «Tiens, il faut que je remonte un peu le niveau !», notamment du point de vue émotionnel. Et donc, peut-être de me relâcher un peu plus, et de suivre le mouvement, et l’expérience ferait la différence. Il y a toujours des moments où on a des hauts et des bas, lorsqu’il s’agit de gagner au meilleur des cinq manches. Là, ce n’est pas vraiment la question, la question est : comment je me sens maintenant d’avoir gagné. La question n’est pas trop si j’étais inquiet ou pas !

«Je poussais autant que possible, en restant raisonnable» 

Etes-vous satisfait de votre performance ? 
Ce match était très important pour moi. Je ne m’étais pas entraîné pour 3 heures 35. Je poussais autant que possible, en restant raisonnable. Mais aujourd’hui, je crois que cela a été un grand pas en avant pour l’équipe, pour nous tous. Je ne m’attendais pas à gagner trois matchs ici, et puis de réussir une belle performance sur Cilic. Je suis très content de ce que j’ai fait ce soir. 

Jouer en session nocturne et sans public fut-il difficile ?
Oui, c’est vrai, pas de fans du tout, cela ne m’était pas arrivé heureusement depuis longtemps. Je savais qu’à un moment ou un autre, cela arriverait. Et tout n’est pas fini encore avec la pandémie. Pour Halle, ce sera la même chose. Effectivement, cela a été unique à de nombreux égards. Cependant, je suis content d’avoir trouvé la façon, du point de vue émotionnel, de réussir à gérer la situation après avoir perdu le deuxième set. J’ai été boosté par l’énergie de mon équipe, et puis, j’imaginais, on est samedi soir, beaucoup de personnes regardent la télé. Ils veulent suivre le match et je jouais pour eux qui regardaient la télé. C’était ma source d’inspiration.

Emotionnellement, comment avez-vous vécu cette rencontre faite de hauts et de bas ? 
Lorsqu’on mène, c’est amusant. Lorsqu’on est en bas, ce n’est pas drôle ! Voilà comment ça change, ce territoire des émotions. En tout cas, les conditions étaient très bonnes, zéro vent. Et puis, difficile de ne pas craquer. J’ai essayé, moi, de le faire craquer plusieurs fois. Je me suis dit, comme je suis un gagneur, «ça va m’aider», j’ai essayé, le long des lignes. Il faut aimer ce qu’on fait et moi, j’aime ce que je fais. J’essaie d’être toujours motivé. Je savais que cela allait être un grand match, après Cilic et que ce serait difficile. Et puis, c’était aussi à Paris, sur le court central, là où je voulais toujours être quand j’étais un petit garçon… Je me le suis rappelé plusieurs fois. J’aime bien ces combats sur terre battue. J’ai vraiment bien aimé cette bataille. Dominik a joué aussi un très bon match.

«Je vais voir si je continue à jouer ou pas, si ce n’est pas trop risqué pour moi.» 

Comment gérer vous l’incertitude autour de l’état de votre genou opéré ? 
En 2017, lorsque je suis revenu, personne ne savait – même moi – ce qui était possible. Il y a un côté amusant. Cependant, j’aurais préféré que ce soit différent. J’ai besoin de matchs comme celui-ci. Ce sont des étapes qu’on analyse en profondeur en regardant le match à venir. Nous allons faire la même chose, ce soir et puis demain aussi. Je vais voir si je continue à jouer ou pas, si ce n’est pas trop risqué pour moi, si je continue à pousser comme ça, ou bien si c’est au contraire le meilleur moment pour m’arrêter. Parce que je n’ai pas une semaine entre maintenant et le tournoi de Halle. Je vais voir ce qu’il y a de mieux, je penserai aussi à Wimbledon. Beaucoup de choses me passent par la tête, mais un match comme ça… Je sais qu’on aurait pu jouer un cinquième set, et je ne sais pas trop comment je me serais réveillé le lendemain.

Est-ce raisonnable selon vous de jouer à cette heure avec le risque terminer la rencontre très tard dans la nuit ? 
A chaque fois, je dois réévaluer la situation une fois le match terminé. Le lendemain matin, je vois comment je me réveille et comment je me sens avec mon genou. C’est à chaque fois la même chose. Ça ne fait pas de différence un match comme ce soir. Mais bon, ce match, c’est vrai, comme je l’ai dit tout à l’heure, a été long. Ça fait longtemps que je n’ai pas eu des matchs comme ça, de 3 heures 35… Si je regarde l’US Open ou d’autres endroits, j’ai parfois terminé plus tard que ce soir. Ça fait partie de notre sport, de notre activité. Ça peut finir parfois à 4 heures du matin, ce n’est pas idéal pour qui que ce soit. Aller au lit à 3 heures du matin, ce n’est pas idéal, mais si vous êtes un athlète, un professionnel, c’est comme ça, c’est la vie. Je crois que les spectateurs, c’est ça qui compte ! C’est le business, on doit aller de l’avant. En tout cas, il y a une chose dont je suis certain, que ce soit de jour ou de nuit, sur terre battue ça fait une grosse différence. On ne peut pas comparer l’un et l’autre. Sur une surface dure, c’est quasiment la même chose. Mais sur la terre, entre jour et nuit, il y a une énorme différence. 

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