Tolède : l’évêque s’excuse après un clip sulfureux tourné dans sa cathédrale

Monde

Sous le feu de vives critiques, Mgr Francisco Cerro Chaves a déclaré «regretter profondément ces événements» et les «désapprouver», affirmant n’avoir pas eu connaissance de la nature du clip au moment d’accorder la permission de tourner.

La musique est déjà peu habituelle pour l’endroit : les notes endiablées du hip-hop tranchent avec le plain-chant monodique de la liturgie mozarabe, auquel neuf siècles d’histoire sacrée ont accoutumé les piliers gothiques de la cathédrale de Tolède. Mais surtout, ce sont les mouvements exécutés par les acteurs du clip qui dénotent avec la piété du lieu. Dans cette vidéo au rythme frénétique, les corps se dénudent et s’enchevêtrent en autant de positions lascives, le tout sous l’œil hagard d’un curé à l’allure de simplet.

Le clip de la chanson «Ateo» où le rappeur espagnol C. Tangana et la chanteuse Nathy Peluso se disputent la vedette met en scène de façon provocante un clergé anachronique, dépassé par le parfum de scandale qui émane d’une histoire d’amour vénéneuse se parant des oripeaux du sacré. «J’étais athée, mais maintenant je crois / Parce qu’un miracle comme toi est descendu du ciel» susurrent en musique les deux amants maudits. Sur l’un des plans du court-métrage, le rappeur tire les cheveux de sa partenaire dans un geste qui évoque un détail d’une des fresques de la cathédrale, sur laquelle un diable à l’allure porcine tire les cheveux d’une damnée.

Le succès rencontré immédiatement par la vidéo, mise en ligne vendredi et déjà visionnée plus de quatre millions de fois à l’issue du week-end, a alors suscité une polémique parmi les croyants espagnols, choqués pour une partie d’entre eux que l’archevêché de Tolède ait accepté que le tournage du clip puisse avoir lieu dans la cathédrale.

Certaines scènes du clip font référence à l’iconographie sacrée qui orne les murs de la cathédrale. Capture d’écran YouTube – C. Tangana

Sous le feu de vives critiques, l’archevêque et primat d’Espagne, Mgr Francisco Cerro Chaves, s’est alors exprimé dimanche dans un communiqué, par lequel il affirme «regretter profondément ces événements» et les «désapprouver», demandant également «humblement et sincèrement pardon à tous les fidèles laïcs, personnes consacrées et prêtres, qui se sont sentis justement blessés par cette mauvaise utilisation d’un lieu sacré». Affirmant n’avoir pas eu connaissance de la nature du clip au moment d’accorder la permission de tourner dans sa cathédrale, l’archevêque a également annoncé l’instauration d’un protocole plus strict pour autoriser à produire des images dans l’enceinte du lieu de culte.


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