Toulouse-UBB : les coups de cœur et les coups de griffe de notre envoyé spécial

SPORT

Un régal de jeu et d’intensité, Ramos et Lam en pleine lumière, mais aussi les images effrayantes du KO de Romain Ntamack et Christophe Urios qui crie à l’injustice. Découvrez ce que notre envoyé spécial à Lille a retenu de cette demi-finale remportée 24 à 21 par les champions de France 2019.

Envoyé spécial à Lille,

Coups de cœur

Quel match !

Souvent, lors des rencontres à élimination directe, l’enjeu prend le dessus sur le jeu. Pas ce samedi soir. D’entrée, les deux équipes ont lancé du jeu, mis de l’intensité. Du mouvement, de l’audace, un énorme combat. Et quatre essais – deux de chaque côté – de toute beauté. Une demi-finale formidable.

Ramos porte Toulouse

Longtemps blessé cet hiver, l’arrière toulousain montait en puissance depuis son retour, il y a un mois. Pour exploser lors de cette demi-finale. Un quasi-sans-faute dans son rôle de buteur (5/6) et un essai rageur pour inscrire 19 des 24 points de son équipe. Son essai, à la 66e minute, a récompensé un long enchaînement de temps de jeu des Toulousains. Servi lancé par Antoine Dupont, il a échappé aux deux premiers défenseurs avant d’emporter Jalibert avec lui dans l’en-but bordelais. Une action pleine de rage pour se faire pardonner sa responsabilité sur le second essai bordelais où c’est lui qui se fait arracher le ballon à l’origine de l’action. «Forcément, je m’en veux de perdre ce ballon. On prend 50 mètres derrière et un essai qui fait mal à la tête. Je suis pas le plus costaud, ça m’apprendra d’aller péter tout droit plutôt que jouer le duel…» Légitimement désigné homme du match.

Le  »Fantôme » Ben Lam frappe deux fois

Le salut bordelais a longtemps semblé venir de son ailier retrouvé, auteur de deux essais à la 12e puis la 54e minute. Le premier pour revenir à 8-7, le second, servi par une superbe chistéra de Romain Buros, pour prendre pour la première fois l’avantage au score (14-15). Misimoa Benjamin – dit Ben – Lam avait fait parler sa puissance (1,94m, 110 kilos) et rappelait alors le grand joueur qu’il peut être, lui qui terminât en 2012 meilleur marqueur du Super rugby avec les Hurricanes (16 essais en 16 titularisations). L’ancienne star des All Blacks Sevens, surnommé le  »Fantôme » pour sa saison discrète (5 essais en 26 titularisations avant cette demi-finale), était enfin à la hauteur des espoirs placés en lui. «Il a eu un peu de mal à rentrer dans la saison, il découvrait plein de choses. Puis il a eu une bonne période en janvier et février où il a marqué des essais décisifs. Ensuite, son genou l’a gêné et il n’arrivait plus à accélérer. Mais, depuis quelque temps, on le sentait en train de revenir, a résumé son manager Christophe Urios. Un ailier, on lui demande de marquer des essais. Il a rempli son contrat…»

Coups de griffe

Seuteni foudroie Ntamack

L’image fait froid dans le dos. Un télescopage tête contre tête qui laisse Romain Ntamack complètement KO et le Samoan chancelant, le front ouvert. Une action qui allait avoir de lourdes conséquences pour les deux équipes ; Sortie définitive de l’ouvreur toulousain et carton rouge pour le centre bordelais. M. Trainini, en accord avec l’arbitre-vidéo, Laurent Millotte, a en effet estimé qu’il s’agissait d’«un plaquage imprudent. Le joueur arrive avec beaucoup de vitesse et de dangerosité. Il ne se baisse pas de manière significative, a justifié l’arbitre au capitaine de l’UBB. Il n’a aucune circonstance atténuante.» Une sanction vivement contestée par Christophe Urios. En revoyant le ralenti, on ne pouvait cependant que frémir en voyant le jeune Ntamack s’affaisser sur le coup, les yeux révulsés. Un choc brutal qui ne peut qu’effrayer.

L’UBB manque de maîtrise

Les Bordelais savaient qu’ils devaient réaliser une copie quasiment parfaite pour enfin venir à bout du Stade Toulousain. Or, en première mi-temps surtout, ils se sont montrés beaucoup trop indisciplinés (8 pénalités concédées). Ils ont également commis quelques petites scories pour des munitions trop facilement rendues à l’adversaire. «En première mi-temps, il y a quelques annonces un peu doublées, on ne sait pas trop ce qu’on fait, on ne reste pas trop dans le cadre», a reconnu le centre de l’UBB Rémi Lamerat. Le carton rouge de Seuteni a ensuite sérieusement compliqué leur tâche alors qu’ils étaient revenus avec de meilleures résolutions. «Perdre un soldat dans un temps fort, c’est dur à avaler. Mais c’est comme ça. Des équipes ont réussi à gagner des matches après un rouge, pas nous…», résume Lamerat.

Toulouse, le chat noir de Bordeaux

Et de quatre. Cette saison, les Bordelais ont perdu leurs quatre confrontations contre les Toulousains. En demi-finale de la Champions Cup, le 1er mai, ils s’étaient inclinés 21 à 9. Cette fois, réduits à 14 à l’heure de jeu, ils ont échoué d’un rien, 24 à 21. Tellement près que Christophe Urios, mâchoires contractées et visage blanc de rage, a crié à l’injustice. «Je pense que la meilleure équipe n’a pas gagné ce soir. On le méritait celui-là. Tous les coups du sort sont en faveur du Stade Toulousain. Quatre fois qu’on les joue et quatre fois que c’est pareil. Je ne m’épancherai pas là-dessus mais je ressens beaucoup de colère», a balancé le manager girondin, sous-entendant que l’arbitrage avait été partial.

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