Un policier tué lors d’une opération antidrogue à Avignon, le suspect en fuite

France

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Le Premier ministre Jean Castex a annoncé mercredi la mort d’un policier lors d’une intervention près d’un point de deal à Avignon. Le tireur a pris la fuite en trottinette. Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, s’est rendu sur place dans la nuit.

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Le Premier ministre Jean Castex a annoncé, mercredi 5 mai, la mort d’un policier, tué lors d’une opération antidrogue à Avignon au cours de laquelle plusieurs policiers ont été pris pour cible par des tirs.

« Tout est mis en œuvre pour que cet acte odieux ne reste pas impuni », a souligné le chef du gouvernement sur Twitter.

Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a évoqué un « terrible drame » et précisé que plusieurs policiers avaient été la cible de tirs. Il s’est rendu sur les lieux du crime dans la nuit.

« La lutte contre les trafics de stupéfiants, partout sur le territoire national, s’apparente à une guerre. Cette guerre, nous la menons grâce à des soldats, (…) les policiers et les gendarmes de France. Aujourd’hui, un de ces soldats est mort en héros », a-t-il déclaré sur place à la presse, vers minuit.

Gérald Darmanin : « La lutte contre le trafic de stupéfiants s’apparente à une guerre »

L’auteur présumé en fuite

Quelques heures après les faits, tard mercredi soir, des centaines de policiers étaient déployés, lourdement armés, dans les rues désertes du centre-ville de la Cité des papes.

C’est là que vers 18 h 30, le policier décédé et son équipage avaient été envoyés « pour un attroupement sur la voie publique autour d’un point de deal », selon le ministre de l’Intérieur. À leur arrivée sur les lieux, un « lieu très sensible en matière de stup' » selon le délégué syndical Unité SGP-Police Grand Sud Bruno Bartocetti, l’équipage a contrôlé le groupe présent : au cours de cette intervention, un des individus aurait fait feu « à plusieurs reprises » sur le fonctionnaire de police.

Les autres policiers présents ont riposté, sans pouvoir interpeller l’auteur des tirs qui a pris la fuite – « en trottinette », selon une source policière. Malgré l’intervention de ses collègues et des sapeurs-pompiers, la victime, un homme de 36 ans pacsé et père de deux enfants, est décédée.

Le Vaucluse, un des dix départements les plus pauvres de France, a connu une hausse du trafic de drogue ces dernières années, selon des responsables policiers et judiciaires interrogés récemment par l’AFP.

« Dans le département du Vaucluse depuis le 1er janvier, c’est 83 interpellations pour trafic de stups, c’est plus de 60 opérations contre les points de deal », a détaillé à Avignon Gérald Darmanin. « Les opérations que nous menons démontrent que dans les saisies des policiers, c’est une augmentation de plus de 30 % des armes saisies lors d’interpellations dans le trafic de stupéfiants », a aussi pointé le ministre.

« Impunité sans limite »

Survenu une dizaine de jours après l’assassinat jihadiste de Stéphanie Monfermé, une fonctionnaire de police tuée à coups de couteau dans le commissariat de Rambouillet, ce nouveau drame a suscité immédiatement de vives réactions des syndicats de policiers. « Rien ne justifie une telle barbarie », s’est insurgé le syndicat Synergie Officiers.

Alliance Police Nationale a insisté : le syndicat « assure qu’il faut punir par de la prison ferme assorti de mandat de dépôt ceux qui agressent ou tuent des policiers (…), dénonce ce laxisme de la justice qui aménage ou réduit les peines de ces individus qui jouissent d’une impunité sans limite ».

Ce crime intervient aussi alors que l’exécutif a érigé ces derniers mois la sécurité au premier rang de ses priorités, à un an de l’élection présidentielle. Dans un entretien accordé au Figaro, Emmanuel Macron a récemment fait de l’éradication des trafics de stupéfiants « la mère des batailles », la droite et le RN dénonçant de leur côté l’échec du gouvernement sur le sujet.

Dans ce contexte, le meurtre de mercredi a suscité des réactions d’indignation dans la classe politique, en particulier à droite et à l’extrême droite : Xavier Bertrand a salué un « héros du quotidien, qui a défendu ses valeurs jusqu’au sacrifice suprême », appelant à ce que le « criminel (soit) puni avec la plus grande sévérité ». 

« Je suis en colère et plus que jamais avec notre @PoliceNationale et leurs familles. Il est urgent que l’État les protège », a aussi réagi mercredi la patronne du Rassemblement national, Marine Le Pen.

AFP

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