« Une dizaine d’interpellations » et plusieurs blessés lors de l’évacuation d’une rave party à Redon

France

Publié le :

En Bretagne, les gendarmes ont évacué samedi quelques centaines de personnes participant à une rave party sauvage à Redon. Plusieurs blessés ont été relevés parmi les gendarmes et parmi les participants durant la nuit et lors de l’évacuation, selon la préfecture. 

Publicité

Les forces de l’ordre ont mis fin samedi 19 juin, en fin d’après-midi, à une rave party sauvage à Redon en Bretagne, qui avait tourné à l’affrontement violent dans la nuit de vendredi à samedi.

L’opération d’évacuation de la rave party illégale à Redon, dans l’Ille-et-Vilaine, est « terminée », a annoncé samedi 19 juin le préfet Emmanuel Berthier, se félicitant qu’elle se soit déroulée « sans accroche ».

L’intervention avait été lancée peu après 17 h pour « faire cesser la musique », a-t-il dit, indiquant qu’il y avait eu « une dizaine d’interpellations », six blessés légers parmi les forces de l’ordre et un blessé léger côté participant, en plus de ceux de la nuit.

L’objectif était de « neutraliser les sons, l’objectif a été atteint », a-t-il ajouté. Emmanuel Berthier a salué « la très grande maitrise de la force ». Revenant sur des affrontements survenus dans la nuit, il a déclaré : « Cette nuit on a eu très peur ». La rave-party illégale avait continué dans la journée après les affrontements de la nuit.

Vendredi soir, vers 22 h 30, les gendarmes avaient tenté d’empêcher l’installation de ce teknival interdit. De violents affrontements avaient suivi pendant plusieurs heures et fait plusieurs blessés côté gendarmerie et participants. Un jeune homme de 22 ans a « perdu une main », avait notamment indiqué le préfet Emmanuel Berthier. Une enquête a été « immédiatement diligentée par le parquet de Rennes » afin d’établir les circonstances de « ce dramatique accident ».

« 1 500 personnes », selon le préfet, s’étaient donné rendez-vous pour cette rave party organisée en hommage à Steve Maia Caniço, décédé à Nantes il y a deux ans lors de la Fête de la musique.

Malgré un arrêté préfectoral interdisant tout rassemblement festif, les fêtards avaient convergé vers Redon vendredi soir, a expliqué le préfet. Selon lui, « des heurts, des affrontements d’une extrême violence ont duré une très grande partie de la nuit, plus de sept heures ». Il a évoqué « jets de cocktail molotov, boules de pétanque, morceaux de parpaings ».

Emmanuel Berthier a estimé que la gendarmerie avait face à elle « des gens qui avaient un objectif, en découdre avec la force publique ». « Encore une fois, les autorités ont choisi la violence en lieu et place de dialogue. Des pluies de lacrymos et de grenades se sont abattues sur une foule qui ne désirait que faire la fête…. Tout cela pour avoir voulu danser », a réagi de son côté le Teknival des musiques interdites.

Hommage à Steve Maia Caniço

Des appels à rendre hommage à Steve Maia Caniço, jeune Nantais tombé dans la Loire lors de l’intervention des forces de police il y a deux ans, avaient été lancés ces jours derniers.

« À la mémoire de Steve Maia Caniço, en soutien aux inculpés de la Maskarade de Lieuron et pour toutes les victimes de la répression, notre seule volonté était de brandir haut et fort la musique comme étendard et comme élément indissociable de nos vies », a ajouté le Teknival des musiques interdites.  

« Depuis hier soir, il n’y a pas de musique », avait indiqué samedi matin la préfecture, mais selon un photographe de l’AFP, elle avait repris dans la matinée.

Quelque 400 gendarmes ont été mobilisés et empêchaient samedi tout accès la zone située près de l’hippodrome de Redon, a constaté un photographe de l’AFP. Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, « suit de très près la situation à Redon. Il a annulé les événements prévus dans sa journée et fait des points réguliers avec les autorités », a-t-on indiqué dans son entourage.

Vendredi, deux ans quasiment jour pour jour après la mort de Steve Maia Caniço, le procureur de la République de Rennes Philippe Astruc avait annoncé que, selon l’enquête, le jeune homme était tombé dans la Loire « dans le temps de l’intervention de la police » dont l’objectif était de disperser le rassemblement auquel le jeune homme participait.

Déjà en Ille-et-Vilaine, le soir du Nouvel An, en pleine crise sanitaire, une rave party s’était tenue à Lieuron, rassemblant 2 400 personnes pendant 36 heures. Neuf personnes avaient été mises en examen et un jeune homme présenté comme l’un des organisateurs avait été incarcéré pendant plusieurs semaines.

Le Teknival des musiques interdites revendique d’avoir choisi « la circonscription de Rennes dont le procureur, Philippe Astruc, est à l’heure actuelle le plus représentatif de ces politiques de répression et de stigmatisation ».  

Avec AFP et Reuters 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *