Urios (UBB) : «On ne se sent pas moins bon que Toulouse»

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L’entraîneur de Bordeaux-Bègles, qui s’est déjà incliné trois fois contre le Stade cette saison, espère que ces retrouvailles en demi-finale du Top 14, ce samedi soir, tourneront enfin en faveur de son équipe.

Envoyé spécial à Lille,

Quelles sont les clés pour que l’UBB batte enfin le Stade Toulousain samedi soir en demi-finale du Top 14 ?
Christophe Urios : Les trois défaites nous inspirent sur ce qu’on doit faire et ne pas faire. On a les idées plus claires aujourd’hui qu’au soir de la troisième défaite (il y a deux semaines, NDLR) et on verra bien plus clair demain midi. Le résumé est assez simple. Souvent, contre une grande équipe, tu as l’impression d’être tout près mais tu ne l’es pas ; tu as l’impression que tu peux gagner mais tu perds… On a été capable de mettre Toulouse en difficulté et le Stade toulousain a, évidemment, été capable de nous mettre en difficulté. Ce qui ressort donc le plus est notre manque d’efficacité à proximité des zones de marque. C’est lié, bien sûr, à la grosse défense des Toulousains, mais aussi à nos excès de précipitation et à notre manque de précision. C’est l’un des points essentiels : l’importance d’être efficace.

Votre équipe aborde ce match avec des complexes ou avec un fort sentiment de revanche ?
On ne se sent ni en excès de confiance, ni moins bon. Je le redis, ces trois défaites nous inspirent. On sait comment et pourquoi les Toulousains nous ont mis en difficulté. On sait donc également que si on aborde ce match de la même façon que les trois premiers, il n’y a aucune raison qu’on gagne. Il faut l’aborder un peu différemment pour cela. Reste à voir si on arrivera à le mettre en place une partie du match ou tout le match. Mais on a tout fait pour livrer un grand match. Si on n’est pas dans cette dynamique – grosse conquête, grosse défense, discipline, et bon jeu au pied -, on ne gagnera pas, ça c’est une certitude.

Est-ce que la victoire peut passer par moins de possession de la part de votre équipe ?
Ça fait partie des enseignements importants de nos matches contre Toulouse. Mais je ne vais pas vous dire comment on va jouer hein (sourire)…

« J’ai senti un vrai rapprochement entre le staff et les joueurs, chose que je n’avais pas encore ressentie depuis deux ans que je suis à l’UBB »

Christophe Urios

Vos leaders répondent-ils enfin présents comme vous l’espériez ?
Je trouve que cette saison, que ce soit dans les moments pénibles, les phases finales de Champions Cup ou depuis cette défaite en demi-finale contre Toulouse, les leaders, et tout le groupe en général, ont réagi de façon très positive. J’ai senti un vrai rapprochement entre le staff et les joueurs, chose que je n’avais pas encore ressentie depuis deux ans que je suis à l’UBB. Là, ça y est, je sens que les mecs sont prêts. Ils se sont serrés. Et les joueurs d’expérience amènent beaucoup, ce sont de vrais guides.

Avez-vous préparé un plan anti-Antoine Dupont ?
Le Stade Toulousain s’appuie sur un redoutable état d’esprit, sans lequel on ne peut pas gagner, sur des certitudes sur le jeu, et sur des personnalités extraordinairement fortes, dont  »Toto ». Mais se focaliser sur lui, ce serait oublier le reste et les autres joueurs. Il y en a tellement qu’il faudrait bâtir un plan anti-Dupont, un plan anti-Kolbe, un plan anti-je ne sais qui. Il faut plutôt être vigilant collectivement.

Quelle est l’importance de cette demi-finale dans la jeune histoire de l’UBB ?
Question pas simple… C’est une étape supplémentaire pour un club qui se construit depuis dix ans, qui avance sans cesse, qui se structure, se professionnalise, grandit. Ça passe, bien sûr, par des résultats, disputer deux demi-finales de coupe d’Europe a été une première étape, se qualifier pour la phase finale du Top 14 une deuxième… Mais on grandit vraiment en gagnant des titres. On ne s’interdit rien. On a une opportunité demain (samedi soir) de montrer qu’on est là. C’est une étape importante dans la construction du club.

Vous répétez souvent que la demi-finale est le match le plus dur. Pour quelles raisons ?
Attention, c’est un avis vraiment personnel. Pour moi, oui, on monte d’un cran en termes d’opposition par rapport au quart de finale ; on a déjà livré un match de très haut niveau et ce n’est pas simple enchaîner… En fait, tu es au milieu du gué en demi-finale. Un peu loin et en même temps pas trop loin d’un sacre. Après, en finale, tu as 80 minutes pour donner tout ce qu’i te reste parce qu’il n’y a plus rien derrière.

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