Voile – La Solitaire – Nils Palmieri-Julien Villion, vainqueurs de la Transat en double : «Un truc de malade, on s’en souviendra toute notre vie»

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La nuit a été agitée à Gustavia, le petit port de l’île de Saint-Barthélemy. Les arrivées s’y sont succédées, le champagne a coulé, les larmes aussi souvent, et l’émotion a déferlé. Comme une énorme vague. Premiers à y être accueillis en héros par une foule nombreuse et et vainqueurs dimanche soir peu après minuit (heure de Paris), de la 15e édition de la Transat en double Concarneau-Saint-Barthélemy (en 18 jours 5 heures 8 minutes et 3 secondes, nouveau record de l’épreuve) le Suisse Nils Palmieri et le Français Julien Villion (TeamWork) ont savouré leur bonheur après un splendide coup de maître océanique. Avant d’être suivis 1h 41 minutes et 58 secondes par le duo Tanguy Le Turquais / Corentin Douguet Quéguiner – Innovéo) puis 2 heures 3 minutes et 3 secondes par le tandem Tom Laperche-Loïs Berrehar (CMB Performance).

Un podium avec deux équipages (réduits) présentés dans la liste des favoris avant le départ il y a trois semaines mais devancés par ce couple d’outsiders suisse-français, tenant de l’option nord finalement gagnante après des jours et des jours d’incertitude. Nils Palmieri, deuxième étranger à s’imposer dans cette transatlantique figariste après l’italien Pietro d’Ali en 2006, n’a pas caché sa joie : « Gagner une transat, ça a énormément de valeur. Je suis hyper content pour Julien et pour moi. Julien le méritait vraiment car c’est un super bon gars, il est hyper fort. C’est un truc de malade, on n’en revient toujours pas ! En plus, on a eu trois ou quatre dernières journées horribles avec beaucoup de sargasses et des grains. Depuis que j’ai su que je naviguais avec Julien, je me suis dit qu’elle était pour nous cette Transat en Double. J’ai senti qu’on avait vraiment quelque chose à jouer. » 

Et le Suisse d’ajouter, fou de joie: «  Le bateau est super bien préparé, Julien est hyper talentueux. Je commence à bien connaître le Figaro et dès le début, j’ai compris que nous n’avions rien laissé au hasard. Nous avions vraiment une super belle carte à jouer. On était tout le temps dessus, on faisait des quarts très, très courts. On allait tout le temps au charbon pour libérer la quille des sargasses et pour prendre les bonnes risées. Julien et moi, nous sommes assez touche-à-tout, assez polyvalents. Il n’y a jamais eu de désaccord, il y a toujours eu des compromis car on vient de la même école. Julien c’est un grand météorologue. Tout ce qu’il disait, je le comprenais et inversement. Cette victoire est vraiment magnifique car il y a tout et notamment la compétition. On en a bavé tous les deux, ensemble. C’était une grande émotion. Cette arrivée fait chaud au cœur. Nous sommes contents avec Julien de donner de la bonne énergie sur cette arrivée, c’est fabuleux ! »

De son côté Julien Villion a confirmé la difficulté et la durée de cette première Transat en double (ex AG2R) disputée sur le nouveau Figaro Bénéteau 3 à foils : «Ce bateau n’est pas du tout le même engagement que le précédent. Je crois que je ne me suis jamais autant donné que depuis 48-72 heures. J’ai cru qu’on n’allait pas y arriver. C’est une transat longue et nous n’avions pas d’information météo sur cette partie de l’Atlantique, sur la fin, jusqu’à quelques jours avant de prendre la décision de la route nord. On avait préservé notre chance de pouvoir jouer différents trucs. n a eu un long apéro un soir au moment de la sortie des fichiers météo et j’ai présenté mon idée à Nils. Je lui ai dit, voilà l’état des lieux, je le sens comme ça et il faut y aller. C’était le bon choix. J’ai passé un paquet de temps à penser à Jean-Yves Bernot (ndr : météorologue avec lequel Julien Villion a travaillé) sur l’eau. J’ai hâte de l’appeler ! Je m’étais promis que je ne voulais pas être dans la case des routeurs et je voulais montrer que je pouvais aussi gagner sur l‘eau. C’est fait et c’est très bien ! Nous étions confiants dans nos chances, confiants dans notre duo. Je me souviendrai toute ma vie de cette arrivée à Saint-Barth, ça nous a pété à la figure. » Comme une bombe de joie réservée aux marins talentueux qui remportent cette Transat de légende disputée à armes égales.

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